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« Les amants de Coyoacàn » de Gérard de Cortanze chez Albin Michel

« Les amants de Coyoacàn » de Gérard de Cortanze chez Albin Michel

La biographie d’une grande artiste au corps blessé, au cœur déchiré, que l’on a pu admirer jusqu’au 23 janvier de cette année au Grand Palais.

  1. Ap288 - i2rès 9 ans de mariage, le couple Frida Kahlo/Diego Rivera bat de l’aile. Aux infidélités de Diego répondent celles de la jeune femme, qui n’est pas heureuse et commence à boire.

Pourtant un événement va bouleverser sa vie : inquiets, les époux Trotski quittent l’Europe pour un nouvel exil. Léon et Natalia viennent de se voir enfin accorder l’asile politique par le Mexique. Diego et Frida les accueillent à Coyoacàn, à la Casa Azul. Très vite une amitié s’installe.

Au premier regard, le révolutionnaire est ému par la beauté de Frida et son parfum envoûtant.
Alors par jeu, ou éprouvant le besoin de mesurer son pouvoir de séduction, l’artiste décide de séduire le vieux rebelle. Ils deviennent rapidement amants : deux souffrances et deux épidermes se rencontrent et se reconnaissent.

Délaissant la rédaction de ses discours, sa biographie de Lénine, affolant ses gardes du corps, il glisse des billets enfiévrés dans les livres qu’il offre à Frida, lui donne des rendez-vous secrets, lui parle en anglais (que sa femme ne comprend pas), escalade le mur de sa maison, s’enfuit avec elle dans l’hacienda de San Miguel Regla.

Plus qu’une idylle, une passion dévorante naît et Frida sera le dernier grand amour de Léon Trotski.

Bien des années plus tard, elle confiera à une amie que leur rencontre fut l’« une des meilleures choses qui lui soit arrivée » et que cette période fut l’une des plus fécondes de sa vie de peintre.

« Les amants de Coyoacàn » vous donne un aperçu du talent de Frida.

Et puis, invités surprise, et non des moindres : André Breton et son épouse, ce qui va compliquer les rapports des uns et des autres, le trotskisme n’adoptant pas la même idéologie, ou les mêmes utopies si vous préférez, que le surréalisme.

288 - i   Frida compte les points.

Les trois couples caracolent dans la campagne mexicaine à la découverte du patrimoine, et surtout de leurs différences.Situation propice à une véritable bombe à retardement ! Frida préfère la fuite en avant. Ce sera Paris.

Mais pour cette femme volcanique, les Surréalistes sont décevants. Elle les trouve prétentieux. Pour elle, Desnos, Aragon, Eluard dont des hommes de « glace », inaccessibles. Elle les surnomme « Grands Cacas ». Seul Max Ernst et Marcel Duchamp trouvent grâce à ses yeux.

L’aventure n288 - i3e se terminera pas là, loin s’en faut…

In fine, il n’y a que dans la peinture que Frida trouve refuge. Mais son art trouve difficilement preneur : trop de sang, trop de souffrance, trop de morts.

Dans son célèbre tableau, « Les deux Frida », on sent toute la dualité de cette femme d’exception :
tout à tour aimée, trahie, heureuse, désespérée, forte, épuisée par la maladie…

L’artiste sombre dans le cognac et la souffrance, alitée, un poids de vingt kilos délestant sa colonne vertébrale brisée lors d’un accident de bus quand elle avait seulement 18 ans.
Cette biographie nous restitue une grande artiste au corps blessé, au cœur déchiré, que l’on a pu admirer jusqu’au 23 janvier de cette année au Grand Palais.

 

Il n’y a que dans la peinture que Frida trouve refuge. Mais son art trouve difficilement preneur : trop de sang, trop de souffrance, trop de morts.

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Christine Larrouy

Christine Larrouy 

Directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.