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André Malraux et la reine de Saba de Jean-Claude Perrier

André Malraux et la reine de Saba de Jean-Claude Perrier

André Malraux et la reine de Saba de Jean-Claude Perrier, aux Editions du Cerf (sélection Renaudot 2016)

Une légende vivante part à la découverte d’un mythe englouti.

Un aventurier du XXe siècle se met en quête d’une souveraine qui régna trois mille ans plus tôt. Un lauréat du Prix Goncourt accomplit son rêve d’enfance en recherchant dans les sables le fantôme d’une femme couronnée et les vestiges oubliés de sa cité fabuleuse.

Il fallait l’écrivain et voyageur qu’est lui-même Jean-Claude Perrier pour ressusciter l’expédition que mena André Malraux, en 1934, au Yémen, pour retrouver la reine de Saba.

Rejoindre l’Orient littéraire, replonger dans la Bible et le Coran, relire Flaubert et Lawrence d’Arabie, compulser encore une fois des cartes muettes, emprunter à nouveau les ailes de Mermoz et de Saint-Exupéry, tutoyer l’aviateur Corniglion-Molinier par-delà la mort, arpenter inlassablement le désert et rêver les ruines : le disciple marche dans les pas du maître.

De la montée des totalitarismes dans l’Europe d’hier à l’incendie qui ravage aujourd’hui le berceau de l’Écriture, entre la Méditerranée et la mer Rouge, cet essai, à la croisée de la chronique et de l’Histoire, de la biographie et de la critique, mené à grand train et avec style, nous interroge sur l’abyssal rétrécissement du monde et de notre imaginaire.

C’est à l’occasion du 40e anniversaire de la mort d’André Malraux que Jean-Claude Perrier vous fait revivre, avec André Malraux et la reine de Saba, la fameuse expédition du célèbre écrivain sur les traces de cette légende.

©radiorcj.info

©radiorcj.info

En 1933, « Toute l’édition » publie une déclaration d’André Malraux : « Je pars le 8 janvier prochain pour un raid de découverte en Afrique. Je veux essayer de repérer une ville inconnue qui fut la capitale d’une civilisation disparue, et dont je connais l’emplacement (…) ». 

Dont acte : le 23 février 1934, Malraux suspend ses multiples activités pour se lancer dans le projet totalement insensé de retrouver la capitale de la mythique Reine de Saba.

Cette légendaire reine aurait régné au Xe siècle avant Jésus-Christ sur une région du Yémen actuel, au nord de l’Éthiopie et de l’Érythrée.

Malraux décolle d’Orly avec deux compagnons, direction Djibouti. Vous revivez alors le voyage, les escales, les intempéries et les périls que la petite équipe ont dû affronter : c’est que la Royal Air Force ne se montre pas particulièrement bienveillante à l’égard de ces « frenchies ».

Le survol de Saba aura duré en tout et pour tout… un quart d’heure ! « Quinze petites minutes pour se réjouir, admirer, identifier, photographier et prendre des notes en vue de l’écriture de leur reportage ». Il aura fallu faire vite, l’avion était au bord de la panne sèche…

Loin de se décourager, nos aventuriers tentent leur chance une seconde fois, comme pour s’assurer « que Saba n’était pas un mirage », explique l’auteur. Mais la chance n’est pas de leur côté cette fois : des nuages occultent le site. « Comme les mains informes des dieux sabéens réveillés trop tard, brumes et nuages commencent à recouvrir ces pierres et ces tours, à recouvrir tout ce naufrage échoué là comme un vaisseau babylonien plein de statues brisées. »

Un quart d’heure, un seul petit quart d’heure, mais pas des moindres ! André Malraux, avec un certain art de la mise en scène et son habituel lyrisme, en extrait la substantifique moëlle d’un feuilleton journalistique qui sera publié dans L’Intransigeant : pas moins de dix articles en tout, dont sept signés par l’écrivain et trois par l’un de ses compagnons, l’aviateur Corniglion-Molinier, illustrés de dessins, de plans et de croquis réalisés d’après les photos aériennes d’André-Pierre Hardy.

Malraux refuse de laisser cette première reconnaissance se terminer en semi-fiasco. Il espère que son reportage suscitera de véritables campagnes de fouilles et de recherches permettant d’exhumer les trésors du mythe englouti. Las, son vœu jamais ne se réalisa. Il en demeure cependant une chose essentielle : l’écrivain n’a jamais oublié « le royaume farfelu » de son enfance…

 

André Malraux, avec un certain art de la mise en scène et son habituel lyrisme, en extrait la substantifique moëlle d’un feuilleton journalistique qui sera publié dans L’Intransigeant : pas moins de dix articles en tout !

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Christine Larrouy

Christine Larrouy 

Directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.