Select Page

Après. Pierre Larrouy (préface de François Hollande) – UPPR éditions

Après. Pierre Larrouy (préface de François Hollande) – UPPR éditions
couverture-AprèsDécryptage autour d’une grave crise sociétale. Un défi à relever : retrouver l’esprit des Lumières autour d’un progrès partagé. Un projet opérationnel pour impliquer les citoyens dans les « terres-à-vies ».

La société actuelle est en plein craquellement, en plein séisme. Un grand doute face à l’avenir s’impose. Aux difficultés des vies quotidiennes s’ajoute le sentiment que la situation sera encore plus dégradée pour les générations à venir.

Dans ce contexte sociétal sismique, Pierre Larrouy propose avec « Après. » de participer à la construction d’un projet de réhumanisation du progrès qui doit être partagé, et se répercuter sur la société tout entière. Pour lui en effet, nous sommes face à deux facteurs de déshumanisation : la destruction de la biosphère et un usage inhumain des progrès technologiques de l’intelligence artificielle.

L’auteur se refuse à attribuer ces dérèglements à ce que l’on nomme de manière pratique et abusive la mondialisation. Les choses ne sont pas inéluctables car c’est, selon lui, l’organisation globalisée qui est responsable. On s’est éloigné de l’intérêt général et le progrès n’est pas partagé.

Le défi climatique comme l’usage inhumain des algorithmes sont perceptibles dans les vies quotidiennes dans les territoires comme sur le plan planétaire.

Le projet social-démocrate du XXIe siècle doit apporter un autre choix qui est celui du vrai progressisme :

  • Responsabilité écologique ;
  • Usage d’intérêt général des données et des algorithmes.
Le constat se fait dans le lieu de vie comme à l’échelon de la planète. Il faut donc à la fois partir des territoires de vie et proposer un projet universaliste. Ce ne sont selon lui que les deux faces d’une même pièce.

C’est retrouver le sens d’une espérance collective et apporter des réponses aux nouvelles douleurs contemporaines.

Sa proposition part du rôle central des datas dans le modèle économique contemporain.Aujourd’hui les données, et, en particulier, ce qu’il nomme les données patrimoniales constituent « le commun des communs ».

On peut en avoir une appréhension immédiate. Car, dès lors qu’on parle de l’eau ou de l’air, pour prendre ces exemples, c’est d’un souci d’analyse, d’amélioration de la qualité dont il s’agit. C’est-à-dire de comment on peut améliorer les usages de ces communs dans l’intérêt général. A l’évidence cet objectif repose sur les données liées à ces communs.

Ainsi nationaliser les communs ce serait nationaliser ces données et redonner une maîtrise démocratique à l’exploitation de biens qui appartiennent à tout le monde et qui sont au cœur du modèle productif écologique qui fait débat dans notre société.

L’étape supplémentaire serait de décentraliser cette acquisition de propriété nationale, de cette collectivisation pour évoquer l’intérêt commun. Ce serait un grand transfert de richesse et de pouvoir politique et économique, une grande ambition décentralisatrice.

C’est donc dans la maîtrise et l’organisation des données et la mise en service de l’intelligence artificielle au service des citoyens, en proximité et dans l’intérêt général que l’on peut trouver une réponse à la fois au défi écologique et au besoin de confiance en l’avenir autour d’un nouveau pacte social.

Le livre propose, en annexe technique, une présentation synthétique du fonctionnement autour de ce qui est appelé le Sosie Virtuel Projectif qui procure une action publique augmentée grâce aux technologies lui permettant de redevenir un tiers de confiance.

20171004_174818C’est le défi politique que doit, selon Pierre Larrouy, relever la gauche. Retrouver l’esprit des Lumières autour d’un progrès partagé. Un projet opérationnel, rapide et impliquant fortement les citoyens dans les territoires qu’il nomme les « terres-à-vies ». Une grande espérance collective fédératrice.

Docteur en sciences économiques et diplômé de l’Institut d’Etudes et de Développement, Pierre Larrouy a notamment été chef de cabinet du Ministre de l’Education nationale Alain Savary et conseiller à la Présidence de Polynésie française. Il est également membre fondateur de la revue de psychanalyse La Célibataire fondée par Charles Melman.

 

Christine Leclerc (17 juin 2019).

Pierre Larrouy, Après. Préface de François Hollande, Uppr Editions, 190 pages, 16,50€