Select Page

« Aveu de faiblesses » de Frédéric Viguier chez Albin Michel

« Aveu de faiblesses » de Frédéric Viguier chez Albin Michel

« Je suis laid, depuis le début. On me dit que je ressemble à ma mère, qu’on a le même nez. Mais ma mère, je la trouve belle. »

C’est vrai qu’il n’a pas un physique facile, le petit Yvan : grassouillet, rouquin, laid comme c’est pas permis, mal fagoté avec ses pantalons victimes de « feux de cheminée ». Ça c’est pour le côté aspect physique. Mais le versant intellectuel n’a rien à lui envier : on comprend très vite qu’il a le QI au ras des pâquerettes. Sans parler de sa détresse psychologique : pas un seul copain au lycée, mais une maman pour laquelle il éprouve une véritable vénération. Et pour cause : elle se distingue par ses sculptures en beurre et sa collection d’étiquettes de fromage ! Bon concédons qu’il a de qui tenir, mais tout de même, c’est pas de chance… Mais c’est pas une raison pour se moquer de lui. Pourtant son frère et même d’autres ne s’en privent pas, alors tout peut arriver !

Et un malheur est si vite arrivé : Yvan devient illico le coupable idéal quand est découvert le meurtre du gamin d’à côté de chez lui. D’autant qu’il coopère gentiment : il veut bien avouer tout contre un bon lit et sa maman… Et comme pour le policier chargé de l’enquête, vaut mieux des aveux que des preuves, l’affaire s’en trouvera plus vite classée…

Ce roman vous offre une double lecture : à la fois photographie sociale d’une marge de la France (le chômage rôde, l’échec scolaire sévit grave, la violence familiale est monnaie courante), critique des faiblesses de la justice et de l’univers carcéral, il prend des allures de polar. La plume vive et trépidante de Fréderic Viguier ne vous laissera aucune respiration : suspense !…

Mais il est en même temps débordant de compassion : vous ne manquerez pas d’etre sensible aux malheurs d’Yvan, indécrottable anti-héros doublé d’une vraie tête à claques !)

Au drame d’un bourg désindustrialisé du nord de la France, Frédéric Viguier ajoute le suspense d’un roman noir. Dès lors, l’histoire de cet adolescent moqué pour sa laideur et sa différence, accusé du meurtre de son petit voisin, prend une tournure inattendue.

Un booquin excellent !!!

Ressources inhumaines, critique implacable de notre société, a imposé le ton froid et cruel de Frédéric Viguier dont le premier roman se faisait l’écho d’une « humanité déshumanisée ». On retrouve son univers glaçant et sombre, qui emprunte tout à la fois au cinéma radical de Bruno Dumont et au roman social.

225 - a©midilibre

Frédéric Viguier est né en 1968 à Nîmes. Il a débuté sa vie active dans une grande surface puis comme cadre dans des magasins de sports. Il monte à 35 ans sa première société, puis Univers Caves. Désormais il se consacre entièrement à l’écriture. Il est l’auteur de Ressources inhumaines (également aux éditions Albin Michel), qui a été sélectionné pour le prix Jean-Carrière, le prix du roman Version Femina et le Prix des lycéens.

Ce roman vous offre une double lecture : à la fois photographie sociale d’une marge de la France (le chômage rôde, l’échec scolaire sévit grave, la violence familiale est monnaie courante), critique des faiblesses de la justice et de l’univers carcéral, il prend des allures de polar.

Acheter ce livre

Amazon

Acheter ce livre

arthur-galvane

 

Arthur Galvane, lecteur résolument éclectique, (romans, essais, guides société). Mon péché mignon ? Les romans historiques, les polars et la psycho…