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Boualem Sansal, « 2084 : la fin du monde » : Bienvenue en Enfer !

Boualem Sansal, « 2084 : la fin du monde » : Bienvenue en Enfer !

« 2084 : la fin du monde » : Bienvenue en Enfer !

L’écrivain algérien Boualem Sansal imagine un totalitarisme de type islamique régnant sur une Europe post-apocalyptique, dans un roman de style Orwellien : un livre puissant – et effrayant, sans doute (Nietzsche ne disait-il pas que « le service de la vérité est le plus dur des services » ?). Effrayant, peut-être donc, mais aussi plein d’humour. Couronné du Grand prix 2015 du roman de l’Académie française, ce roman pourrait faire date dans l’œuvre de l’écrivain.

Voilà bien longtemps, une vingtaine d’années en fait, que Boualem Sansal nous met en garde contre le fanatisme religieux et ses déclinaisons rampantes. Ayant vécu les terribles années algériennes, lorsque l’intégrisme frappait son pays, il sait de quoi il parle.

À travers ce personnage, Boualem Sansal entreprend d’analyser les rouages les plus subtils de la manipulation et du contrôle.

Nous voilà donc plongés en Abistan, empire gouverné par une dictature religieuse qui empêche toute pensée individuelle (considérée comme déviante par nature). Ati, un modeste fonctionnaire de la capitale, entreprend pourtant d’être et de penser librement, hors des schémas doctrinaux imposés par la propagande de ce système tout-puissant. À travers ce personnage, Boualem Sansal entreprend d’analyser les rouages les plus subtils de la manipulation et du contrôle. Et, en ces temps où l’intégrisme islamique, tel que de Daesh et Al-Qaïda le conçoivent, cherche à s’imposer au monde à la fois insidieusement et par la violence, voilà qui sonne comme un avertissement.

« Si d’aucuns avaient pensé qu’avec le temps et le mûrissement des civilisations les langues s’allongeraient, gagneraient en signification et en syllabes, voilà tout le contraire : elles avaient raccourci, rapetissé, s’étaient réduites à des collections d’onomatopées et d’exclamations, au demeurant peu fournies, qui sonnaient comme cris et râles primitifs, ce qui ne permettait aucunement de développer des pensées complexes et d’accéder par ce chemin à des univers supérieurs. »
Une réflexion sur le totalitarisme, sur le fanatisme, sur les ravages de l’ignorance et de la soumission, mais aussi sur le courage – celui de chercher la vérité. Écrit dans un style précis, parfois flamboyant, et très travaillé, ce livre ne peut laisser indifférent…

2084 : la fin du monde, de Boualem Sansal, Gallimard, 2015, 288 pages.

Écrit dans un style précis, parfois flamboyant, et très travaillé, ce livre ne peut laisser indifférent…

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Antoine Marc