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Camilo José Cela – un centenaire oublié ?

Camilo José Cela – un centenaire oublié ?

Parmi les différents centenaires que l’on célèbre chaque année, il en est un qui est passé un peu à la trappe : celui de Camilo José Cela. Figure incontournable de la littérature espagnole, l’écrivain était en effet né en mai 1916 et il fut, entre autres, prix Nobel de littérature. Etrange oubli, quand on regarde le parcours et l’œuvre de celui qui fut tout à la fois poète, essayiste et romancier. Bon, on ne va pas se mentir, et ceci explique peut-être cela (sans mauvais jeu de mots), son style était un peu spécial et l’ambiance de ses œuvres souvent éprouvante : particulièrement soucieux du détail, il n’hésitait pas à pousser loin les descriptions de l’horrible, peignant un tableau singulièrement sombre – et réaliste – de la nature humaine. Il donne ainsi le ton dès son premier roman, La famille de Pascal Duarte (1942), qui raconte la vie tragique d’un criminel condamné et de son entourage. Et Camilo José Cela ne fait pas dans la dentelle : c’est cru, c’est dur, c’est violent, c’est sordide, c’est bestial. Bref, âmes sensibles, s’abstenir. Certains pourront se dire que, heureusement, l’ouvrage compte moins de 150 pages ! Toujours est-il que l’écrivain participe, avec ce livre, à la naissance du genre littéraire « tremendismo », qui se caractérise par une trame narratrice particulièrement crue et des descriptions à la fois hyper-réalistes, jusqu’à la théâtralisation, et pessimistes. Un autre roman marquant, La Ruche (1953), décrit, comme une série d’instantanés, les quelques jours entrecroisés d’une multitude étourdissante de personnages – ce livre-là est censuré par le régime franquiste. Ici, humour, burlesque et ironie font bon ménage ! Mais l’œuvre de Camilo José Cela est aussi expérimentale : influencé par Faulkner et Joyce (surtout son Ulysse de 1922), il signe le génial San Callimo, 1936 (1969), raconté sous forme de monologue intérieur ininterrompu – ici encore, il explore la condition humaine et le contexte social, cette fois pendant la semaine qui précède le début de la guerre civile ; plus tard, en 1988, il publie une œuvre de fiction (Cristo versus Arizona) constitué d’une seule phrase… de plus de 200 pages !

Camilo José Cela reçu de nombreux prix littéraires : la Creu de Sant Jordi (1986), le prix Princesse des Asturies (1987), le prix Nobel de littérature (1989),… Quant au prix Cervantes (qu’il estimait « couvert de merde »…), il le reçu en 1995. Vous l’aurez compris, l’œuvre de Camilo José Cela ne laisse pas indifférent !

Camilo José Cela reçu de nombreux prix littéraires : la Creu de Sant Jordi (1986), le prix Princesse des Asturies (1987), le prix Nobel de littérature (1989),…

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Antoine Marc

la-redaction