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« Continents à la dérive » de Russell Banks, chez Actes Sud (2016)

« Continents à la dérive » de Russell Banks, chez Actes Sud (2016)

Ah rêve américain, quand tu nous tiens…

Un réparateur de chaudières dans une petite ville du New Hampshire abandonne son quotidien misérable et part direction le soleil de Floride avec sa famille, attiré par un nouvel avatar du rêve américain.

A plusieurs milliers de kilomètres de là, une jeune Haïtienne fuit la violence et la pauvreté de son pays natal pour rejoindre l’Amérique… de ses rêves.

Les deux destins finiront par se croiser dans cet ample roman sur l’errance et l’injustice dont Marc Chénetier (le traducteur) dit que « l’histoire y est, d’entrée, vue de très haut, à l’aune des temps géologiques et des mouvements climatiques ».

Héritier de la tradition américaine des road novel, Continents à la dérive s’ouvre ici à la zone caribéenne proche de la côte est des Etats Unis. Bob Dubois « petit blanc », blasé de sa vie pantouflarde et laborieuse, décide de tout laisser tomber et de filer à l’anglaise direction la Floride avec sa femme et leurs trois enfants.

Simultanément Vanise, jeune haïtienne pareillement dégoutée de la vie sur son ile natale, élabore le même projet : rejoindre « l’eldorado » avec son bébé et son neveu.

Désenchantement généralisé : le rêve américain se transforme vite en véritable descente aux enfers. Russel Banks décrit le miroir aux alouettes que représente cette illusion américaine avec un luxe de détails sans aucune concession.

Dans cette Amérique encore et toujours profondément raciste, sodas et frites Mc Do ont un goût amer et les petites tenues sexy et les grosses bagnoles que tout le monde semble posséder ne parviennent pas à dissimuler la misère économique et humaine de ces malheureux aventuriers des temps modernes.

Un chef d’œuvre de docu-fiction…

215-aRoman déglinguant les années Reagan et l’appât du gain qu’elles symbolisent et où la récompense n’est pas souvent au rendez-vous, ©lefigaro.fr              Continents à la dérive n’est pas vraiment un roman drôle. Les événements actuels et le résultat de la récente présidentielle américaine nous donnent l’impression que la même histoire recommence encore et toujours. La désillusion demeure identique dans un univers qui ne peut engendrer que frustration et envie.

 Russell Banks, né en 1940 à Newton, dans le Massachusetts, est un écrivain progressiste américain. Son œuvre a été traduite en vingt langues.

Un chef d’œuvre de docu-fiction…

Roman déglinguant les années Reagan et l’appât du gain qu’elles symbolisent et où la récompense n’est pas souvent au rendez-vous, Continents à la dérive n’est pas vraiment un roman drôle.

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Arthur Galvane, lecteur résolument éclectique, (romans, essais, guides société). Mon péché mignon ? Les romans historiques, les polars et la psycho…