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« Des pierres dans ma poche » Kaouther Adimi : Une algérienne à Paris se raconte…

« Des pierres dans ma poche » Kaouther Adimi : Une algérienne à Paris se raconte…

« Des pierres dans ma poche », de Kaouther Adimi, au Seuil

Une algérienne à Paris se raconte…

« Si je réécrivais un peu l’histoire, je tairais les policiers devenus des vautours, la jeunesse égarée, le gouvernement appelant les terroristes au cessez-le-feu, les enfants qui ne jouent plus parce que les rêves les ont quittés trop vite.

Je passerais sous silence mon grand-père à la tête vide, l’herbe desséchée par le soleil, les fourmis rouges dévoreuses de peau, les douches prises à minuit lorsqu’un peu d’eau coulait enfin du robinet.

Je feindrais le bonheur de vivre désormais dans une ville étrangère, loin des amis d’enfance et de la lumière enveloppante d’Alger. J’oublierais les coups de fil incessants de ma mère qui se désespère de me savoir célibataire à trente ans.

Resterait la perspective de revenir en Algérie avec l’image détestable des gens qui quittent leur pays sans remords pour vivre là-bas. »

Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi vit et travaille à Paris depuis quelques années. Ici, tout et tous devraient la séduire, pourtant, elle se retrouve souvent au petit matin sur un banc de la rue des Martyrs, auprès de Clotilde, « femme sans maison » qui parfois accepte de parler d’elle. Qui raconte l’amour et la douleur de l’amour. Assise à son côté, la jeune femme compte les pierres dans sa poche, les pierres suivent ses pensées, lui permettent d’égrener les obligations de la journée à venir.


La plus désagréable est-elle de se retrouver au bureau à feindre le bonheur dans une ville étrangère ? Ou de répondre aux coups de fil incessants de sa mère qui se désespère de la savoir encore célibataire ? Ou bien la perspective de revenir en Algérie pour le mariage de sa sœur avec l’image détestable des gens qui quittent leur pays sans remords pour vivre là-bas ?

A moins que le plus difficile, le plus obsédant, ne soit de devoir accepter le manque sidérant des amis d’enfance, de la révolte permanente contre un état autoritaire et absurde, de la lumière d’Alger aveuglante et enveloppante.

Avec Des pierres dans ma poche, Kaouther Adimi fait souffler un vent de fraîcheur. Et de liberté. Ça fait un bien fou.

Le récit de Kaouther Adimi figure sur la short-list de la 4e édition du Prix de la littérature arabe décerné par la Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe. L’auteure y mêle ses souvenirs personnels à l’histoire de l’Algérie pour mettre en exergue des thèmes comme la situation de la femme et l’immigration. Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi a publié son premier roman L’Envers des autres en 2011 aux éditions Actes Sud en France Elle a à son actif également deux nouvelles : Le sixième œuf paru en 2011 et Le chuchotement des anges en 2007. Elle est lauréate de plusieurs prix littéraires en Algérie et en France dont le Prix du FELIV (Festival international de la littérature et du livre de jeunesse d’Alger) en 2008 et le Prix littéraire de la Vocation, en 2011 pour L’envers des autres.

Des pierres dans ma poche

Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi vit et travaille à Paris. Son premier roman, L’Envers des autres (Actes Sud, 2011) est d’abord paru en Algérie aux éditions Barzakh et a obtenu le prix de la Vocation.

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Christine Larrouy

Gérante de société de consulting, directrice de projets éditoriaux et événementiels dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice. Aborde l’actualité du livre dans un choix de partage du point de vue subjectif que lui suggère le livre. Christine Larrouy, directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.