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Elie Wiesel, le « Messager de l’humanité »

Elie Wiesel, le « Messager de l’humanité »

Rescapé des camps nazis et Prix Nobel de la paix, l’écrivain Elie Wiesel s’est éteint samedi 2 juilllet à 87 ans, après une vie à perpétuer la mémoire de l’Holocauste.

Agé de 16 ans, Elie Wiesel fait partie des rares rescapés des camps de la mort nazis où il a vu toute sa famille, sa mère, sa jeune soeur et son père mourir sous ses yeux. Depuis, il porte sur son avant-bras une marque indélébile de cette infamie, le numéro A-7713, rappelle The New York Times. “Il doit avoir une raison pour que je survive à ça”, a-t-il dit dans une interview en 1981. Depuis, Elie Wiesel n’a cessé de lutter contre l’oubli, cette “maladie collective” comme il disait, l’indifférence, l’intolérance et l’injustice.

Il incarnait mieux que quiconque le devoir de mémoire. Cette obligation de témoigner, raconter et se souvenir pour ne jamais oublier. Après avoir consacré la quasi-totalité de sa vie d’adulte à perpétuer la mémoire de la Shoah, à laquelle il avait survécu adolescent.

Auteur d’une cinquantaine de livres, infatigable conférencier, universitaire et militant pour les droits de l’homme, Elie Wiesel partageait sa vie entre la France, les Etats-Unis et Israël. En 2006, puis en 2014, il a décliné l’offre de devenir le président de l’Etat hébreu, préférant se consacrer à ses activités de “messager de l’humanité”,comme l’avait qualifié le comité d’attribution du prix Nobel. Il avait créé sa propre fondation et, avec son épouse, l’Académie universelle des cultures. “Elie n’était pas seulement le plus célèbre survivant de la Shoah, il était un mémorial vivant”, a déclaré le président américain Barack Obama. “Sa vie et la force de son exemple nous poussent à être meilleurs”.

Au fil d’une carrière longue de plus d’un demi-siècle, Elie Wiesel a écrit (souvent en français) plus d’une soixantaine de livres, dont une quinzaine de romans, plusieurs pièces de théâtre et de nombreux essais. Toujours, les mêmes fils rouges : l’Holocauste, la mort et Dieu. Comme beaucoup de survivants de la Shoah, Elie Wiesel ne s’est jamais départi d’un sentiment de culpabilité. «Certains lecteurs me disent que si j’ai survécu, c’est pour écrire ce texte, disait-il en référence à son premier roman. Je n’en suis pas convaincu. J’ignore comment j’ai survécu. Trop faible et trop timide, je n’ai rien fait pour. Cependant, ayant survécu, il m’incombe de conférer un sens à ma survie.» Ce sens, Elie Wiesel l’avait trouvé dans l’écriture mais aussi dans l’enseignement, notamment à l’université de Boston. Il disait témoigner avant tout «Pour les jeunes d’aujourd’hui, pour les enfants qui naîtront demain», afin que «Son passé ne devienne pas leur avenir».

La nuit, son chef d’oeuvre publié en 1955, Elie Wiesel raconte l’histoire d’un jeune adolescent (lui-même) originaire de Roumanie, déporté avec sa famille à Auschwitz puis à Buchenwald. Le livre est court (127 pages) mais tellement puissant.

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Emilie Bétaillouloux

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