Select Page

« En attendant Bojangles » Un petit bijou de désespoir caché au cœur d’un écrin d’humour !

« En attendant Bojangles » Un petit bijou de désespoir caché au cœur d’un écrin d’humour !

« En attendant Bojangles » – Oliver Bourdeaut – Editions Finitude : l’histoire d’une famille que l’on peut qualifier à coup sûr d’originale sur un air de Nina Simone. Ça va jazzer !

Prix du Roman des étudiants France Culture – Télérama 2016, prix RTL-Lire, prix du roman France Télévision

« – Pauline, où sont mes espadrilles ? Et Maman répondait : – A la poubelle, Georges ! C’est encore là qu’elles vous vont le mieux ! … Georges, n’oubliez pas votre bêtise, on en a toujours besoin ! – Ne vous en faites pas, Hortense, j’ai toujours un double sur moi ! »

Un fils raconte une mère extravagante qui fait du quotidien une fête perpétuelle, un père si amoureux que les bizarreries de son épouse, dont il change le prénom à chaque instant, sont prétexte à toujours plus de gaité et de délires joyeux. Ce qui gouverne cette drôle de famille, c’est l’amour immense qui les unit.

Sous le regard émerveillé du garçon, ils dansent sur Mr. Bojangles de Nina Simone.

Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.

Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, Louise, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, une grue venue tout droit d’un voyage en Numidie, Mademoiselle Superfétatoire, qui n’a d’autre utilité que de crier très fort en glissant sur le parquet.  « [L’enfant] s’était aussi pris d’une touchante passion pour Mademoiselle Superfétatoire, pendant une période il ne l’avait pas lâchée d’une aile. Il la suivait partout, en marchant comme elle, il imitait ses mouvements de cou, essayant de dormir debout et de partager son régime alimentaire. Une nuit, nous les avions retrouvés dans la cuisine se partageant une boîte de sardines, les pieds et les pattes pataugeant dans l’huile …. ».Un jour, pourtant, Louise va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.

L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom… L’optimisme des comédies de Capra, allié à la fantaisie de L’Écume des jours.

Un petit bijou de désespoir caché au cœur d’un écrin d’humour ! Ça commence sur un ton léger : pour un enfant, la normalité, c’est ce que l’on perçoit d’un univers que l’on découvre. Papa et maman dansent et rient dans le salon, en buvant des cocktails colorés, accumulent le courrier sans jamais ouvrir les enveloppes. Tous les deux ou avec des amis qu’ils reçoivent très souvent dans leur grand appartement. Dont le sénateur, appelé tendrement l’Ordure par Georges. L’enfant apprécie cette extravagance tout en étant conscient qu’un autre ordre existe, celui qui fait froncer les sourcils des garde-fous de la socialisation, car, non, l’école, ça ne fonctionne pas à la carte. A l’école, on a toujours le même prénom, et on ne promène pas en laisse un oiseau, pas même sous le prétexte fallacieux qu’il se nomme Mademoiselle Superfétatoire, et on écrit à l’endroit…Une seule solution, pour que ces deux mondes n’entrent pas en collision frontale : l’enfant sera instruit par son père !


On se souvient du film de Roberto Benini, La vie est belle, qui raconte la tentative désespérée d’un père, qui veut faire croire à son fils que le camp de concentration est un parc d’attraction. Le décor est ici celui d’une famille minée par la folie, mais le thème est le même. L’aventure est aussi folle, et tout autant vouée à l’échec.

En attendant Bojangles erre entre deux mondes, celui des souvenirs d’enfance d’Olivier Bourdeaut, relus à l’aune des carnets intimes de son père.

Cet ouvrage dessine les contours de la folie, mélange les lignes du bonheur à celles de l’extrême. Il nous montre qu’une autre vie est possible tant qu’elle se joue sur la musique des sentiments.

C’est le premier roman d’Olivier Bourdeaut. Il met la barre très haut, tant sur l’histoire que sur l’écriture. A quand le prochain ?

Telerama17 février 2016 : « On rit comme on pleure au rythme de la valse. Quand le fils admiratif prend la parole, on croirait une chanson de Boris Vian, à la fois allègre et humoristique »

Libération, 08 février 2016 : « L’histoire fabuleuse d’une femme fantasque, flamboyante et folle, qui vacille avec grâce sur un air de Nina Simone »

En attendant Bojangles

En attendant Bojangles dessine les contours de la folie, mélange les lignes du bonheur à celles de l’extrême. Il nous montre qu’une autre vie est possible tant qu’elle se joue sur la musique des sentiments.

 

Acheter ce livre

Amazon

Acheter ce livre

Itunes

Christine Larrouy

Gérante de société de consulting, directrice de projets éditoriaux et événementiels dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice. Aborde l’actualité du livre dans un choix de partage du point de vue subjectif que lui suggère le livre. Christine Larrouy, directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.