Select Page

« Flora et les sept garçons », Dominique Dussidour

« Flora et les sept garçons », Dominique Dussidour

Nouvelles et contes d’aujourd’hui

Mythologie, conte, actualité contemporaine, violence sont autant de sources d’inspiration pour Dominique Dessidour. S’y côtoient sœurs de misère ou de malchance, une ogresse au cœur tendre qui remplit le lave-vaisselle pendant que son époux dupé s’apprête à dévorer ses propres filles. Deux hommes qui s’aiment avant l’époque du mariage pour tous et qui planifient l’union de l’un avec la sœur de l’autre. Une fillette qui dissèque en classe un œil de bœuf au moment où une série d’attentats ensanglante Paris. Une femme battue et un homme assassin, un mariage arrangé dans un milieu bourgeois avec une fiancée fugueuse. Une petite fille qui refuse de rendre visite à sa mère dans le coma. Une autre petite fille qui fuit la guerre. L’épouse du dieu du Temps en cavale à travers l’Europe pour mettre sa dernière-née à l’abri de son mari infanticide. Un enfant syrien à qui l’on fait croire que ça ira mieux demain, une libraire inspirée, etc.

Il y a de la mort et de la cruauté dans ces treize nouvelles qui revisitent aussi bien les mythes canoniques – de Charles Perrault ou de l’Antiquité – que les mythologies modernes – la guerre, le terrorisme, les violences conjugales –, mais il y a aussi du rêve : l’espoir d’une fenêtre ouverte sur un autre monde, soustrait aux lois de la réalité.

Toutes ces héroïnes ont un point commun cependant : celui d’être nées femmes et d’en tirer une force et une rage de vivre naturelles.

« Flora, Alice, Jeanne, Lynne, Léa, Noëlle, Antoinette, Corine, Angélique, Louise… jour après jour, au mois de mars 2015, ces fillettes, ces adolescentes, ces jeunes femmes ont pris forme devant moi… Elles se tenaient maintenant autour de moi, sur le point de naître ou de renaître, vives, inquiètes, curieuses, attentives, venues du temps des contes et de la littérature d’aujourd’hui », nous confie l’auteure.

Les protagonistes de Dominique Dussidour traversent ainsi le temps, si bien que leurs déconvenues s’inscrivent dans l’intemporalité.

Les nouvelles les plus touchantes s’inscrivent dans l’enfance. L’auteure polit la violence de la guerre et le chaos des bombes avec la douceur d’un enfant qui continue d’espérer malgré tout.
Les récits connaissent peu de chutes, comme si c’était au lecteur d’écrire la fin. On laisse alors notre imagination vagabonder, se poser, ou simplement fuir la réalité pesante.

Flora et les sept garçons réinvente le monde sous un angle féminin et pointe du doigt ce qui dérange avec une arme imparable : la fantaisie.

On sirote, on prend son temps, on apprécie chaque récit qui nous transporte aux côtés des personnages de Dominique Dessidour. Autant de portraits de femmes que de vies possibles, de déboires à surmonter ou d’instants de bonheur à apprécier.

Calibrées pour surprendre le lecteur, écrites dans une langue poétique et précise à la fois, tantôt surréalistes, baroques ou naturalistes, les nouvelles aigres-douces de Dominique Dussidour réenchantent le monde en en dévoilant les ressorts les plus sombres.

Les nouvelles les plus touchantes s’inscrivent dans l’enfance. L’auteure polit la violence de la guerre et le chaos des bombes avec la douceur d’un enfant qui continue d’espérer malgré tout.

Acheter ce livre

Amazon

Acheter ce livre

Itunes

Christine Larrouy

Gérante de société de consulting, directrice de projets éditoriaux et événementiels dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice. Aborde l’actualité du livre dans un choix de partage du point de vue subjectif que lui suggère le livre. Christine Larrouy, directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.