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Frankenstein, le Prométhée moderne de Mary Shelley

Frankenstein, le Prométhée moderne de Mary Shelley

Frankenstein, le Prométhée moderne de Mary Shelley – Folio Junior

Frankenstein, créé des ténèbres, a deux cents ans cette année, l’occasion pour la Fondation Martin Bodmer à Genève de lui consacrer une exposition du 13 mai au 9 octobre 2016 dans la ville même où il a été conçu.

Tout le monde connaît le monstre de Frankenstein, immortalisé à l’écran par Boris Karloff (encore que les boulons et les électrodes ne soient pas dans le livre), un beau bébé à la peau de momie de près de 2 mètres 50.

C’est durant l’été 1816 que Mary Shelley écrit Frankenstein, le Prométhée moderne, expression mythique de l’inquiétude d’un monde confronté à la montée en puissance de la science et de la technologie.

Mary Shelley invente là un nouveau genre littéraire : la science-fiction. Dans le contexte des fantasmes, des craintes et des espoirs de la médecine et de la science du début du XIXe siècle, elle élabore son histoire donnant vie à un cadavre au moyen d’une « étincelle » d’électricité. Best-seller dès sa parution en 1818, le roman continue à frapper les esprits. Les thèmes qu’il aborde sont en effet au cœur des préoccupations littéraires et philosophiques modernes : l’éthique scientifique, le changement climatique, la technologisation du corps humain, l’inconscient, l’altérité humaine, la précarité des sans-abri et des sans-identité.

Frankenstein, le Prométhée moderne met en lumière la peur de l’inconnu et de l’étranger, les dangers de la recherche non contrôlée ou la création non assumée et fait, d’un récit en apparence anodin, une œuvre littéraire à visée symbolique et moralisatrice.

Frankenstein, le Prométhée moderneEcrit suite à un défi littéraire lancé par ses confrères et amis (Percy Shelley, son époux, John Polidori et Lord Byron) Frankenstein s’inscrit dans la lignée des grands romans dits aujourd’hui « d’horreur ». Le thème de la créature artificielle est un sujet de prédilection pour le genre littéraire de la science-fiction et du roman fantastique.

Lorsque Mary Shelley donne vie à son monstre de papier, elle désire avant tout dissocier son roman du genre gothique traditionnel encore à la mode à l’époque. Le XIXe siècle incarne pour elle l’ère de la révolution scientifique qui avait été amorcée déjà au XVIIIe siècle, celui des Lumières.Frankenstein, le Prométhée moderne

Issue d’une famille peu conventionnelle (le père William Godwin, dramaturge, est considéré par ses contemporains comme un véritable anarchiste, la mère Mary Wollstonecraft est une féministe convaincue), Mary Shelley rejette les croyances païennes. Ainsi les histoires de vampires, goules et fantômes n’ont à ses yeux rien d’effrayants puisqu’elles appartiennent au domaine du conte abracadabrantesque. Pour elle, imaginer une créature née de circonstances immondes et enfantée par l’homme lui parait être une idée bien plus effroyable et vraisemblable si elle découle d’une expérience scientifique, en l’occurrence ici d’un principe peu orthodoxe, le galvanisme.

Son héros, Victor Frankenstein, obsédé par sa soif de savoir et son désir irrépressible de percer le mystère de l’existence humaine, s’est échiné à la tâche quasi-impossible de donner vie à une enveloppe de chair putride inanimée. « Dans une anxiété proche de l’agonie, je rassemblai autour de moi les instruments qui devaient me permettre de faire passer l’étincelle de la vie dans la créature inerte étendue à mes pieds »

Cette obsession malsaine le conduit au bord de la folie, le rendant fébrile et agité. Lorsqu’il réalise que son labeur n’est plus du domaine chimérique mais s’est bel et bien concrétisé, le jeune scientifique prend peur face à la réalité effroyable.

Le docteur Frankenstein s’est pris pour Dieu, a voulu le singer et ne peut assumer son rôle de créateur. Son œuvre semble être le produit du diable. Est-ce une punition divine ? « Je me réfugiai dans la cour de la maison (…), guettant et craignant chaque son, comme s’il devait m’annoncer l’approche du cadavre démoniaque »

La culpabilité le ronge et le poursuit même dans ses rêves. Le dégoût de sa créature le pousse à l’abandonner derrière lui sans se soucier même de ce qu’elle adviendra.

Best-seller dès sa parution en 1818, Frankenstein le Prométhée moderne de Mary Shelley continue à frapper les esprits. Les thèmes qu’il aborde sont en effet au cœur des préoccupations littéraires et philosophiques modernes.

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Christine Larrouy

Gérante de société de consulting, directrice de projets éditoriaux et événementiels dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice. Aborde l’actualité du livre dans un choix de partage du point de vue subjectif que lui suggère le livre. Christine Larrouy, directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.