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« Helios » d’Etienne Chaize

« Helios » d’Etienne Chaize

« Helios » d’Etienne Chaize, aux Editions 2024 (2016)

40 pages en quadrichromie modifiée (magenta remplacé par un pantone rose fluo)…

Un soir lointain, le soleil fige sa course et se pose sur l’horizon. Plongé dans un crépuscule sans fin, le Royaume décline et désespère.

Un jour, un voyageur se présente à la Cour ; il persuade le Roi d’aller jusqu’au Soleil pour le prier de reprendre son cycle. Alors, le Roi se met en route, à la tête d’une longue procession. Page après page, ils se heurtent à des obstacles qui réduisent le nombre des pénitents, et seuls sept d’entre eux atteindront finalement le sommet où repose Helios…

Le Quattrocento a offert au monde Jérôme Bosch. Les années 90 et le logiciel Photoshop ont enfanté Étienne Chaize, déjà coloriste et chef-décorateur du détonnant Quasar contre Pulsar, paru en 2014 aux éditions 2024.

En puisant ses références dans des domaines très variés (jeu vidéo, Issey Miyake, Hokusai, Nicolas Ledoux…), notre alchimiste vient tisser avec délicatesse un monde fantastique. Dans la cohorte des personnages qui affrontent mille dangers d’un monde à l’autre retentit l’écho de mythes tels que l’Odyssée ou la Conférence des Oiseaux. Certains personnages de Helios disparaissent au fil des pages mais jamais la quête ne fléchit et le chemin s’obstine vers cette lumière.

Climats, créatures, reliefs se succèdent mais ne se ressemblent pas, comme des tableaux en marche dans lesquels évolue cette entité que constitue ce groupe, indivisible mais qui pourtant s’effiloche au fil des pages, fondant comme évaporée par le soleil dont elle s’approche.

helios

©Ed. 2024

Etienne CHAIZE maîtrise parfaitement, dans Helios, l’art de la couleur fondue, cette brume qui contient, quand l’œil s’y attarde, un foisonnement de détails : ruines, menaces animales ou humanoïdes. Le tout provient d’une variété d’influences aussi complexes que diverses, qui réside dans l’accumulation, et même parfois la dissimulation, de détails au sein de compositions sophistiquées et colorées à la puissance narrative manifeste.

Une sensation de lenteur émerge de cette palette et pourtant, derrière le caractère musardant de l’ensemble, surgissent une violence et une soudaineté que seules savent contenir les grandes quêtes héroïques.

Helios est un monde fourmillant de vie qui enchante et étonne à chaque page !

Helios

©Ed. 2024

La présentation de l’ouvrage, en reliure cousue particulière (« à la Suisse », précise l’éditeur) permet d’apprécier à sa juste valeur cette épopée visuelle qui mérite d’être feuilletée à plusieurs reprises, comme un véritable livre d’art, pour en découvrir et savourer toutes les subtilités. Le grain du papier est d’une rugosité extraordinaire qui guide les doigts qui se posent presque instinctivement sur les pages pour en suivre les volutes et en caresser les aplats.

Sans un mot, tout est dit avec finesse et précision.

Helios

Dans Helios, climats, créatures, reliefs se succèdent mais ne se ressemblent pas, comme des tableaux en marche dans lesquels évolue cette entité que constitue ce groupe, indivisible mais qui pourtant s’effiloche au fil des pages, fondant comme évaporée par le soleil dont elle s’approche.

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Christine Larrouy

Christine Larrouy 

Directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.