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Interview de Daniel Kunth, L’origine des constellations

Interview de Daniel Kunth, L’origine des constellations

Daniel Kunth, quel regard portez-vous sur l’édition numérique aujourd’hui ? Passage obligé ou belle opportunité de « vivre avec son temps » ?

Je suis un inconditionnel du livre papier, mais de fait, le numérique m’accompagne très souvent ne serait-ce parce qu’il accompagne notre quotidien scientifique. Qui pourrait se passer de l’ordinateur maintenant ?

Tant pour l’écriture que pour la lecture, l’ergonomie « numérique » sait très bien s’adapter aux gestes naturels de chacun (couper, coller, feuilleter) et il s’y ajoute l’accès spontané à des ouvrages que nous n’aurions pas idée de consulter, ce qui favorise les associations d’idées.

Développer un thème précis sur une quarantaine de pages : est-ce une contrainte formelle difficile à respecter ou, au contraire, un bon moyen d’aller à l’essentiel selon vous ?

C’est une contrainte, mais c’est précisément ce qui m’intéresse. Il est facile d’écrire un livre de 300 pages sur un sujet donné. Il suffit de bien organiser et de laisser filer sa plume ; mais condenser une pensée et un savoir en 40 pages demande d’avoir un sens critique plus fin et de peaufiner le style, de condenser – bref, d’aller à l’essentiel. C’est un beau défi.

De façon peut-être plus personnelle, quelle est au fond votre intention lorsque vous décidez d’écrire ?

J’ai la chance d’être de ceux qui participent à l’accumulation des connaissances. Sans partage, cette activité serait vaine.

Avoir la tête dans les étoiles, comme vous… Ça doit faire du bien de prendre de la hauteur dans ce monde souvent gris, non ?

Oui, c’est exact, et cela rend contradictoire parfois : indifférent, comme l’univers semble l’être à toutes nos insuffisances, ou au contraire décidé à montrer ce que l’univers offre comme beautés à prendre et à admirer.

L’histoire du ciel, l’origine des constellations, tous ces mystères nocturnes… : dans quelle mesure ce qui se passe là-haut peut-il expliquer ou éclairer ce qui se passe ici-bas ?

Précisément, c’est toute la question. Je reste sans voix devant cet univers qui déploie devant nos yeux tant de phénomènes, tant de possibles, mais semble tout de même si indifférent à ce que nous sommes « ici bas », comme on dit.

J’y vois en tous cas quelques correspondances : l’univers évolue, contrairement à ce que nous pensions il y a quelques millénaires ; on y trouve naissances, morts, violences et apaisements.
De toute évidence, la nature tente a peu près tout, se trompe souvent, mais finit toujours pas trouver une solution viable. Nous avons beaucoup moins de choix. Une vie d’homme ne permet pas d’explorer autant de solutions possibles.

Vous étiez, il y a vingt-cinq ans, l’un des initiateurs de La Nuit des étoiles. Parlez-nous de cet événement – comment a-t-il évolué avec les années ?

Cet événement s’est installé dans le paysage d’une manière qui m’a étonné. Je pensais qu’il n’y aurait eu qu’une seule édition et ce ne fut pas le cas. Les acteurs se sont engagés avec enthousiasme : la télévision publique a relevé le défi en acceptant de programmer – d’abord en prime time – une émission de ce genre, en plein été. Cette même télévision a eu alors le mérite de permettre à de nombreuses associations et de nombreux acteurs de travailler ensemble dans un partenariat unique et constructif.

Et maintenant, de quoi souhaiteriez-vous nous parler ?

Ah ! De ce que j’ai appris ? Plus le temps passe, moins je comprends. Leibnitz, sans doute, l’a formulé au plus près (le « pourquoi il y a t-il quelque chose plutôt que rien ? »). De plus en plus, je m’insurge contre les lois de la nature (une pierre qui tombe, une fleur qui fane, l’existence du bien et du mal, de son indifférence, etc.). Tout cela donne du grain à moudre au religieux, et c’est ce qui m’importune. Au fond, la religion vient de l’imperfection du monde et du sentiment que nous avons d’être là sans savoir pourquoi. What the hell’s out of there ? Ceci étant, la pulsion de vie qui est en nous m’interpelle toujours. Alors me voici dans les écoles à guetter l’œil émerveillé de quelques enfants. Celui à qui je dis : « regarde le soleil et dis-toi que, dans six mois, tu seras de l’autre coté » et qui n’en revient pas d’être si petit et de pouvoir atteindre l’inaccessible !

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Daniel Kunth

« J’ai la chance d’être de ceux qui participent à l’accumulation des connaissances. Sans partage, cette activité serait vaine. »

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Lise Gallitre 

lise-gallitre1 Journaliste spécialisée dans la culture au sens large du terme.