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Interview du Professeur Jean-Paul Escande – 1ere partie : le spectateur de « Secret », de l’artiste Johann Le Guillerm.

Interview du Professeur Jean-Paul Escande – 1ere partie : le spectateur de « Secret », de l’artiste Johann Le Guillerm.

Quelles structures mentales des artistes anticipent les découvertes des chercheurs ?

Interview du Professeur Jean-Paul Escande – 1ere partie : le spectateur de « Secret », de l’artiste Johann Le Guillerm.

Jean-Paul Escande

Le professeur est allé découvrir Johann Le Guillerm dans son spectacle « secret – temps 2 », le volet circassien de « Attraction », projet artistique formé de quatre parties à la Friche industrielle Babcock, à La Courneuve, en banlieue parisienne, fin septembre.

A la fois funambule, plasticien et concepteur d’objets, Johann Le Guillerm est un artiste à l’univers inhabituel. Il est issu de la première promotion du Centre Nationale des Arts du Cirque. Il a travaillé avec Archaos, participé à la création de la Volière Dromesko et co-fondé le Cirque O. En 1994, il crée sa propre compagnie, Cirque ici.

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©Philippe Cibille

Johann Le Guillerm est Grand Prix National du Cirque (1996) et Prix des Arts du Cirque SACD (2005).

En 2002, il s’engage dans Attraction, projet de recherche qui interroge l’équilibre, les formes, les points de vue, le mouvement et l’impermanence. Attraction fait voler en éclat les disciplines traditionnelles du cirque. Il s’articule autour d’un spectacle sur piste (Secret), et d’installations (La Motte et Les Imperceptibles sculptures en mouvement, Les Architextures, sculptures auto-portées, Les Imaginographes, outils d’observation.)

Source : http://www.mc93.com/saison/secret-temps-2

CL : Professeur Escande, qu’avez-vous ressenti pendant ce spectacle ?

  • Pr E. : Le décor est planté : un joli petit cirque tout simple de 400 places, une piste circulaire en dur et des banquettes toutes simples. Pendant une heure et demie un public bigarré, fait de très jeunes et de très vieux, toutes classes sociales mêlées et toutes origines confondues, communie dans un silence moins impressionnant que l’immobilité qui fige chaque assistant.
  • CL : Mais que se passe-t-il donc sur scène ?
  • Pr E. : Dit sèchement : un type costaud dans une tenue d’indien d’Amérique assez insaisissable, construit d’étonnants édifices avec des lattes de bois qui, agencées savamment et en direct, tiennent ensemble sans clou ni vis et, plus étonnant encore, semblent douées d’une sorte d’existence autonome. Elles respirent, on dirait presque qu’elles ont un cœur qui bat.

Même chose pour une longue tige presque rigide mais qui, tordue à force de bras, acquiert une véritable personnalité et, laissée à elle-même, avance, recule, ré-avance…

©Philippe Cibille

©Philippe Cibille

Et tout le spectacle est à l’avenant. Une performance vraiment étonnante mais qui semble tant et tant « naturelle » qu’elle ne fait pas frémir même lors des exercices périlleux de construction qui font qu’à chaque instant on est au bord de la rupture. Mais on sent qu’elle sera évitée. Maîtrise. Confiance…

Diplômé d’immunologie de l’Institut Pasteur, Jean-Paul Escande est professeur agrégé, médecin des hôpitaux, membre de la Société française de dermatologie, et de la Société médicale des hôpitaux de Paris. Il a dirigé le service de dermatologie à l’hôpital Cochin-Tarnier, à partir de 1983.

Il est l’auteur de plusieurs essais pamphlétaires à succès : Les Médecins (1975), Médecin relève-toi ! (1998), Des Cobayes, des Médailles, des Ministres (2003), Lettre ouverte aux technocrates qui prennent l’hôpital pour une usine (2000).

Source : http://fr.wikipedia.org/ et Psychologies  

(À suivre : deuxième partie de l’interview du Pr Escande…)

Christine Larrouy

Christine Larrouy 

Directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.