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« Jacques Chirac ou Le dialogue des cultures » – les 10 ans du Musée du Quai Branly

« Jacques Chirac ou Le dialogue des cultures » – les 10 ans du Musée du Quai Branly

Parcourez l’histoire culturelle du XXe siècle à travers le portrait de l’ancien Président de la République, fervent défenseur des cultures lointaines.

L’exposition Jacques Chirac ou le dialogue des cultures dresse le portrait culturel de l’ancien Président de la République.

Dira-t-on bientôt « L’exposition Jacques Chirac au musée du Quai Branly – Jacques Chirac » ? Le musée devrait très prochainement changer de nom et prendre celui de son père fondateur…

Le goût que l’ancien Président a montré pour les arts dits « premiers » ou « lointains », la fine connaissance qu’il en a, la façon dont il a œuvré pour que leur spécificité, leur richesse, leur apport au patrimoine de l’humanité́ soient reconnus, sont aujourd’hui devenus des évidences.

Longtemps restées discrètes, les positions culturelles de Jacques Chirac sont les témoins de la révolution qui a conduit l’Europe du XXe siècle à se défaire, peu à peu, de son ethnocentrisme et à considérer les cultures du monde avec plus d’intérêt et de respect. Ce portrait culturel dressé à l’occasion du dixième anniversaire du musée permet de (re)découvrir la passion de l’ancien Président pour l’Asie, pour le Japon en particulier, ou son intérêt méconnu pour les arts précolombiens, mis à nu lors de l’exposition « Taïno » de 1994 au Petit Palais.

Un clin d’œil au fondateur du musée

Si Jacques Chirac n’était pas physiquement présent pour l’ouverture de l’exposition lundi soir, son héritage imprégnait les lieux, aussi bien sur les affiches que dans les vitrines, aux côtés des masques traditionnels. Le buffet n’a pas non plus échappé au clin d’œil. On pouvait y trouver de la tête de veau, plat emblématique de la Corrèze, région d’origine de Jacques Chirac !

L’aventure commence en 1990, au Royal Palm, un hôtel de l’île Maurice. Un touriste aborde Jacques Chirac : « La photo où l’on vous voit avec un livre sur l’art africain, bien en évidence sur votre bureau, c’était pour la mise en scène, ou bien vous vous y intéressez vraiment ?» Etonnement de l’intéressé. Le touriste poursuit : « Je me présente : Jacques Kerchache. »

Kerchache, collectionneur privé, est un grand spécialiste des arts dits « primitifs ». « Ah ! Kerchache ! s’exclame Chirac. Votre livre, je l’ai lu au moins trois fois. Quel plaisir de vous rencontrer ! » Les deux hommes passent le reste de leurs vacances à parler de masques africains, de zemis précolombiens ou de figurines mortuaires chinoises ; à dénoncer les préjugés colonialistes des chercheurs européens envers l’art primitif ; à s’interroger sur la pertinence des critères esthétiques pour des œuvres non signées, puisque appartenant à une société sans écriture. Chirac est aux anges.

Depuis son adolescence, Chirac s’est constitué un phénoménal bric-à-brac de connaissances sur le confucianisme, l’art nègre, l’hindouisme, les dynasties Ming ou encore sur le préjomon japonais.

Un mélange étrange où l’on retrouve l’influence de son professeur de russe, M. Delanovitch, qui l’a initié aux cultures orientales lorsqu’il était jeune homme, mais aussi celle de Georges Pompidou, qui était capable de disserter sur les différences entre un masque baoulé et un masque sénoufos. Pourquoi cette passion pour les civilisations lointaines et anciennes ? Exil intérieur ? Révolte contre une pensée trop conformiste ? Simple curiosité ? 

Il a accumulé des centaines d’ouvrages sur les civilisations indienne, chinoise, japonaise. Mais il n’en parlait que rarement. C’était, avec la poésie, son jardin secret.

En 1992, au moment où le monde entier s’apprête à fêter le cinquième centenaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, il écrit au roi d’Espagne pour lui expliquer qu’il ne s’associera pas à la célébration de cet événement, qui a provoqué un terrible génocide et la disparition de 3 millions d’hommes.

Effet garanti. Pour des dizaines d’ethnies d’Amérique, Iroquois, Chamacocos, Nahuas ou Mosquitos, Chirac est devenu un « grand frère ».

Sa culture particulière est également un atout en Afrique. Il connaît par cœur l’origine des différentes ethnies et leurs dominations mutuelles.

« On ne comprend rien à l’Afrique, aime-t-il à répéter, si l’on ne connaît rien à l’histoire de l’esclavage. »

Parfois, sa passion pour la civilisation des autres lui fait négliger celle de son pays.

Jacques Chirac ou le dialogue des cultures, C. Albanel (Auteur) S. Marin (Auteur) Bonnafont (Auteur) Paru le 15 juin 2016 Catalogue d’exposition (relié)

Le goût que l’ancien Président a montré pour les arts dits « premiers » ou « lointains », sa fine connaissance, la façon dont il a œuvré pour que leur spécificité, leur richesse, leur apport au patrimoine de l’humanité soient reconnus, sont aujourd’hui devenus des évidences.

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Christine Larrouy

Gérante de société de consulting, directrice de projets éditoriaux et événementiels dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice. Aborde l’actualité du livre dans un choix de partage du point de vue subjectif que lui suggère le livre. Christine Larrouy, directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.