Select Page

« Une jeunesse perdue » de Jean-Marie Rouart, chez Gallimard (03/01/2017)

« Une jeunesse perdue » de Jean-Marie Rouart, chez Gallimard (03/01/2017)

Une femme tempête, un homme sur le déclin…

« Au lit, il y a les femmes fleuves, alanguies et somnolentes ; il y a les femmes fleurs, odorantes, fragiles et fades ; les femmes pieuvres, souples, silencieuses et avides, qui s’enroulent sur un corps comme autour d’une proie. Et puis, il y a les femmes tempêtes, violentes, bruyantes, acharnées au plaisir. Valentina était une femme tempête. »

Le narrateur anime une revue d’art à la réputation internationale, qui lui donne une certaine surface sociale dont il a profité jusqu’à présent pour cumuler les conquêtes amoureuses. Or voici qu’ayant atteint « l’âge de braise », le feu de la séduction n’est plus aussi fort, les jeunes femmes se détournent et lui renvoient l’image d’un homme sur le déclin… Même les déjeuners chez Lipp, à la maison du caviar ou un bon Gin tonic au café de Flore ne parviennent pas à dissiper cette désagréable sensation de ne plus être qu’une masse de chair molle, plus très sexy…

Jusqu’au jour où il reçoit un jour le manuscrit d’une femme. Le jugeant particulièrement médiocre, il le retoque. Mais l’auteure ne l’entend pas de cette oreille, et s’arrange pour le rencontrer envers et contre tout.

 C’est alors qu’il se retrouve face à une très belle créature.

Et, démon de midi oblige, ils entament une relation plutôt orageuse. Mais attention, cette liaison pourrait se révéler fatale !

Valentina Orlov, russe incendiaire et sculpturale « tombe » raide dingue amoureuse de lui. Elle l’aimera comme une femme tempête, promis. Mais qu’entend-on par femme tempête dans le jargon des alcôves bourgeoises ? C’est une femme violente, hystérique, nymphomane quoi, lunatique, calculartrice, usant et abusant de ses charmes. La suite, vous l’aurez devinée ? De chair avachie, il devient le plus beau des Apollons, du moins le lui fait-elle croire, enfumant le cerveau du mâle bien naïf…

Bon, direz-vous, un vieux beau qui ne capte plus le regard de celles qui hier encore tombaient si aisément entre ses bras, voire entre ses draps… Comment peut-on se laisser berner par d’aussi grosses ficelles ? Quelle souffrance psychique peut occasionner un tel déni ?

280 - a©corsematin.com

Jean-Marie Rouart en tout cas, fait montre une fois de plus d’une plume plutôt alerte, cynique par moment. Il vous trousse un roman qui dégage des parfums incommodants, un peu comme ces vieux séducteurs inondés d’une eau de toilette capiteuse.

Mais attention, cette liaison pourrait se révéler fatale !

Acheter ce livre

Amazon

Acheter ce livre

img037

Léa Félix, passionnée de littérature : nouveautés et classiques, fictions, essais, BD, SF. J’aime les animaux, leurs écosystèmes, bref tout ce qui concerne l’avenir de notre planète. J’adore également sortir avec mes amis et, baroudeuse à mes heures, je voyage pour rencontrer les gens.