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« L’homme dé » Chef-d’œuvre méconnu à lire sur la plage !

« L’homme dé » Chef-d’œuvre méconnu à lire sur la plage !

« L’homme dé » de Luke Rhinehart – Editions L’Olivier/Replay

Chef-d’œuvre méconnu à lire sur la plage !!!

Vous êtes joueur ? Alors vous avez une chance sur six de lire L’Homme-dé (le nombre de faces d’un dé !). Cette probabilité pourrait d’ailleurs être une bonne introduction à la découverte de cet ouvrage sulfureux qui, depuis sa parution en 1971, n’a cessé de voir grandir son statut de « livre-culte ».

Au commencement était l’ennui. Celui d’un homme bardé de diplômes, grand et fort, qui a tout pour être heureux : un métier de psychiatre qui lui plaît, une jolie femme, de beaux enfants, etc. Mais voici que Luke Rhinehart, 32 ans, est recherché par le FBI. Motif : subversion de la vie quotidienne.

Eh oui, c’est qu’un grain de sable s’est glissé dans cette paisible destinée à l’excellente réputation. Car ce bon Dr Rhinehart n’en peut plus de sa vie, qu’il considère comme un train-train d’une terrifiante banalité. Alors il décide de transformer son existence en un immense jeu de hasard. Sitôt décidé, sitôt fait : s’emparant d’un dé égaré, le narrateur passe à l’acte : s’il tombe sur l’as, il va violer sa voisine sexy, Arlène ; si c’est un autre numéro, il va se coucher.

Le dé est jeté et donne l’as… Tout va alors changer pour le docteur qui fera régir quasiment tous les actes de sa vie par un jet de dé et différentes possibilités, des plus raisonnables aux plus inavouables…

S’agirait-il d’une forme de drogue ? D’une nouvelle philosophie ? D’un manifeste religieux ? D’une manière de mettre en scène le destin ? D’une façon de devenir un surhomme ? Bien vite, le Dr Rhinehart va d’ailleurs convertir quelques brebis égarées à ce dogme du dé jusqu’à remettre en cause, qui sait, les fondements mêmes de la société… 

Et ce qui va très vite s’appeler le syndrome du dé se répand dans la population. Et les autorités s’inquiètent. Car le Dr Rhinehart a peut-être inventé, sans le savoir, le moyen d’en finir pour toujours avec la civilisation.

Emblématique d’une certaine littérature américaine des années 1970 et (très) librement inspiré par l’expérience de son auteur, L’Homme-dé ne se contente pas de flirter avec cette géniale (et très provocatrice) idée romanesque : il la dé-roule intelligemment sur plus de cinq cents pages, jusque dans des recoins parfois très inattendus. C’est ainsi que Luke Rhinehart (pseudonyme d’un certain George Powers Cockcroft, écrivain américain résidant à Majorque) nous interroge de manière originale et ludique sur le pouvoir du hasard, la liberté individuelle ou la morale. De quoi s’y reprendre à deux fois avant de jouer au 421…

Contrairement à ce que l’on a longtemps cru, le livre n’est en rien inspiré de l’expérience de son auteur, qui fut professeur d’anglais dans une université de l’État de New York. En 1953, Cockcroft a inventé le personnage de Luke Rhinehart pour son premier roman, qui n’a jamais été publié. Il n’arrive pas à terminer son livre. Alors qu’il s’apprête à le laisser définitivement inachevé, Cockcroft rencontre Mike Franklyn, un éditeur anglais, qui le convainc de le terminer. C’est dans la maison d’édition de Mike, Talmy Franklin que L’Homme-dé sortira en 1971. L’éditeur, pour des raisons commerciales, le poussera à faire figurer sa photo au dos du roman afin que le lecteur croie à une autobiographie romancée.

Après avoir été publié en Angleterre et diffusé aux USA, le livre a rencontré un certain succès au Danemark et en Suède. Il aurait été censuré dans une cinquantaine de pays qui le jugeaient trop subversif.

L’homme dé, de Luke Rhinehart, un booquin culte et subversif…

Luke Rhinehart nous interroge de manière originale et ludique sur le pouvoir du hasard, la liberté individuelle ou la morale.

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Christine Larrouy

Gérante de société de consulting, directrice de projets éditoriaux et événementiels dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice. Aborde l’actualité du livre dans un choix de partage du point de vue subjectif que lui suggère le livre. Christine Larrouy, directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.