Select Page

« La nuit avec ma femme » de Samuel Benchetrit

« La nuit avec ma femme » de Samuel Benchetrit

 « La nuit avec ma femme » de Samuel Benchetrit, chez Plon (25 août 2016))

Un récit poignant autour de la mort de Marie Trintignant

« J’ai passé plus de temps que toi sur cette Terre. Et notre différence, c’est que moi, je t’ai perdue. C’est parce que j’ai continué à vivre que je le sais. J’ai voulu être seul souvent pour être avec toi. Il faut bien donner son temps aux amours invisibles. S’en occuper un peu. Encore maintenant je me demande comment tu vas. Ce que tu fais. Je cherche de tes nouvelles. J’invoque la colère pour que tu la calmes. Quelques rires où tu me rejoindrais. Et le soleil a changé, puisqu’il manque une ombre. Mais je suis heureux. Et c’est à ton absence que je dois de le savoir. »

Le temps d’une nuit, le cinéaste est visité par sa femme disparue sous les coups d’un homme. Il lui parle et l’entraîne dans une déambulation à travers les rues de Paris.

Dans La nuit avec ma femme, le cinéaste et écrivain invoque ses souvenirs de Marie Trintignant. Ils s’étaient mariés en 1997 et avaient eu un fils Jules, né l’année suivante.

La nuit avec ma femme

©LeFigaro

Il revisite les lieux de leurs amours et de leurs déchirures, s’adresse à elle, ravive les blessures et les joies de leur destinée tragique, leurs souvenirs communs, leur enfant devenu ce beau jeune homme prometteur, et la difficulté à vivre sans elle.
Un fervent voyage intérieur à la fois passionné et douloureux.

Le manque de l’autre se fait sentir et Marie lui apparaît dans un songe. Ou alors quelquefois c’est un objet, une chanson, un rire, une démarche qui la lui rappelle … Comme un devoir de mémoire.

Mais soyez rassuré, Samuel Benchetrit ne dévoile dans La nuit avec ma femme rien de sordide ni de revanchard. Son texte peut même parfois s’avérer très poétique. Marie, sa femme qui l’a quitté pour un autre, lui manque. Puis survient la tragédie : en ce jour d’été 2008, le téléphone sonne. Marie est à l’hôpital. Il faut faire vite, il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre.

Ce récit vous emporte dans errance à travers la nuit, comme si Marie était venue retrouver Samuel, avec ses instants qui s’égrènent, avec l’inacceptable, ce qui aurait pu être la vie et qui est devenu la mort. Les souvenirs des jours heureux, ceux de l’horreur, de l’annonce à l’enfant de cinq ans, quand on redoute de détruire à jamais sa vie.

Puis vient la confrontation, le procès, le cynisme aussi, celui de la justice, de ceux qui défendent l’indéfendable, la sortie de prison de l’homme qui a commis l’irréparable.

Comment vivre normalement, respirer, parler, chanter, rire, alors que Marie n’est plus ?

Ensuite l’après, quand on se reconstruit mais que l’on sait que l’absence, éternelle et inéluctable, sera toujours une souffrance.

La nuit avec ma femme

©next.liberation.fr

Samuel Benchetrit est né en 1973 à Champigny-sur-Marne, dans un milieu modeste. Son père, d’origine juive marocaine, est serrurier et sa mère, coiffeuse. Il met un terme à sa scolarité à 15 ans pour se lancer dans la vie professionnelle.

Samuel garde un souvenir douloureux de son adolescence, un thème souvent abordé dans ses romans, de plus en plus personnels. À 33 ans, il entame ainsi sa biographie en cinq tomes sous le titre Les Chroniques de l’asphalte qu’il transpose en filme (Asphalte) en 2014.

 

Ensuite l’après, quand on se reconstruit mais que l’on sait que l’absence, éternelle et inéluctable, sera toujours une souffrance.

Acheter ce livre

Amazon

Acheter ce livre

Itunes
Christine Larrouy

Christine Larrouy 

Directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.