Select Page

« La Straniera » de Stéphanie Vermot-Outhenin

« La Straniera » de Stéphanie Vermot-Outhenin

« La Straniera » de Stéphanie Vermot-Outhenin, aux éditions de la Grande Ourse

Sur la 1re sélection du Prix du Premier Roman 2016

Un train file et s’enfonce dans la nuit. La ragazza straniera, la francese s’en va, quitte ce pays qui l’a accueillie à bras ouverts il y a 20 ans déjà, laissant son fils là-bas. Un drame vient de se jouer, rendant la rupture inéluctable. Quand quelques jours plus tôt, sa belle-sœur lui a tendu son billet, un aller simple Rome-Dijon, Marianne a accepté de partir. Sans rien dire, sans pleurer sans hurler. Sans même réfléchir. Guidée simplement par la douce voix de Lorette : « Mais bien sûr, tu viens immédiatement ! Je t’attends ma petite-fille. »

C’est ainsi que Marianne quitte Rome ex-abrupto après sa rupture avec Claudio, son mari. Elle espère gommer le geste irréparable qu’elle a commis à l’annonce de la trahison de son époux. Refugiée dans cette maison à Dijon elle a passé son enfance, entre Lorette, sa grand-mère qui l’a élevée, et Dominique, sa mère, taciturne et distante, aujourd’hui décédée, l’angoisse de Marianne ne fait qu’augmenter. Pourtant, jour après jour, confidences après révélations, Marianne relève la tête, ouvre grands ses yeux et trouve enfin la force de briser les chaînes de la culpabilité.

C’est qu’elle a des comptes à régler avec son passé. Mais quelle est cette blessure qui la taraude et qu’elle refuse de s’avouer ? Un manque ? Une haine ? Une tristesse ? Ou tout simplement fuit-elle son présent, son quotidien, sa vie de mère car depuis « qu’il » lui a annoncé son infidélité, c’est toute son existence qui a basculé…

Bon, elle doit se reprendre, elle a échappé au traitre, enfin à celui à qui elle avait accordé toute sa confiance, son amour inconditionnel. Mais désormais, il lui faut tourner cette douloureuse page. Sa grand-mère, avec son indéfectible tendresse, va l’accompagner, l’entourer pour faire le vide, l’aider à comprendre son brusque coup de tête. Car Marianne s’interroge : ressemble-t-elle à sa mère au point de perdre le contrôle de sa vie ?

En pleine introspection, elle commence à comprendre… Ces non-dits. Ces histoires de famille. Ces secrets. Et décide de se reprendre en main, et d’entamer un nouveau départ.

Et puis il y a Lorette. Cette grand-mère quasi centenaire, qui adore sa petite-fille. Elle veut l’aider mais Marianne répugne à se livrer totalement. Elle a le cœur brisé. Pas facile de croire en la vie, en l’amour, quand le ciel vient de vous tomber sur la tête ! Impossible de pardonner, d’oublier.

La straniera, c’est l’histoire de trois femmes. Au départ, leur parcours est plutôt pavé de désespoir, mais la vie reprend ses droits, et elles finissent par apercevoir, au bout du tunnel, la lueur d’un tout nouvel espoir. Une renaissance qui estompe peu à peu l’atmosphère plutôt sombre au départ.

Stéphanie Vermot-Outhenin Ce roman est plutôt court, peut-être aurait-il mérité d’être à peine plus étoffé, mais le style narratif et fluide de Stéphanie Vermot-Outhenin en rend la lecture très agréable. Mais La straniera, c’est une histoire de femmes écrite par une femme et cela se ressent. Une très belle réussite pour un premier roman, qui, et c’est tout le mal que l’on peut souhaiter à cette primo-romancière, sera suivi de nombreux autres à n’en pas douter.

Stéphanie Vermot-Outhenin est née en 1980. Universitaire et titulaire d’un doctorat en philosophie, elle partage actuellement son temps entre l’Italie et la France, les traductions et l’écriture. Après avoir publié des essais et des nouvelles, La Straniera est son premier roman.

Acheter ce livre

Amazon

Acheter ce livre

Itunes
Christine Larrouy

Christine Larrouy 

Directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.