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« Laëtitia ou la fin des hommes » de Ivan Jablonka

« Laëtitia ou la fin des hommes » de Ivan Jablonka

« Laëtitia ou la fin des hommes » de Ivan Jablonka au Seuil

Prix littéraire Le Monde 2016 et sélectionné pour le Goncourt, le Renaudot et le Médicis !

Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, Laëtitia Perrais est enlevée à 50 mètres de chez elle, près de Pornic (Loire-Atlantique) avant d’être poignardée et étranglée. Il a fallu des semaines pour retrouver son corps démembré au fond dans deux étangs différents. Elle avait 18 ans.

Ce fait divers s’est transformé en affaire d’État : Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, a reproché aux juges de ne pas avoir assuré le suivi du « présumé coupable », précipitant 8 000 magistrats dans la rue.

Ivan Jablonka a rencontré les proches de la jeune fille et les acteurs de l’enquête, avant d’assister au procès du meurtrier en 2015. Il a étudié le fait divers comme un objet d’histoire, et la vie de Laëtitia comme un fait social. Car, dès sa plus tendre enfance, placée avec Jessica, sa sœur jumelle, en foyer puis en famille d’accueil, Laëtitia a été maltraitée, accoutumée à vivre dans la peur, et ce parcours de violence éclaire à la fois sa fin tragique et notre société tout entière : un monde où les femmes se font harceler, frapper, violer, tuer.

L’enquête atteint les sommets de l’abject lorsque Jessica, à l’été 2011, révèle les viols et attouchements répétés perpétrés par le père de sa famille d’accueil.

Ce dernier, qui s’était publiquement posé à plusieurs reprises comme pourfendeur des délinquants sexuels, est condamné aux assises à huit ans d’emprisonnement en 2014 pour viols ou agressions sexuelles sur cinq jeunes victimes. Mais rien n’indique que Laëtitia, qui mettait tout en œuvre pour quitter cet enfer (elle occupait un emploi dans la restauration) faisait partie des victimes.

Laëtitia ou la fin des hommes, véritable Ovni littéraire, est tout à la fois un roman, un essai, teinté de journalisme d’investigation. « Il s’agit d’un hommage, mais aussi et surtout d’une quête de justice et de vérité », explique Yvan Jablonka dans un courrier à l’avocate de Jessica.

A travers ces portraits croisés, ce récit est l’occasion pour le sociologue de révéler d’autres dysfonctionnements de la France des années 2010 : « l’énorme misère que notre société produit », les inégalités sociales, l’instrumentalisation de ces tragédies par la classe politique, l’aspect double tranchant du tout-carcéral avec une prison « école du crime » et « incubateur de rage » …

« Comment permettre à des enfants de se tracer un autre chemin que celui de leur héritage maudit ? », questionne l’écrivain. « De Laëtitia, on peut dire qu’elle n’a pas eu de chance, qu’elle a croisé les mauvaises personnes […]… Processus de destruction souterrain, successions de loupés, chronique d’une mort annoncée ».

Ivan Jablonka

© Thomas Samson – AFP

Éric Libiot L’Express : « Un récit historique et citoyen. Et un grand livre. »

Fabienne Pascaud Télérama : « Ni polar, ni récit historique, essai socio-politique, ou oraison funèbre […] .Yvan Jablonka a réussi le miracle. ».

« Comment permettre à des enfants de se tracer un autre chemin que celui de leur héritage maudit ? », s’interroge Yvan Jablonka.

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Christine Larrouy

Christine Larrouy 

Directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.