Select Page

« L’art érotique antique », par Cyril Dumas

« L’art érotique antique », par Cyril Dumas

Travailler sur l’art érotique romain, c’est affronter le spectre de la censure et de son histoire. Celui-ci a largement contribué à réduire au silence ou à la destruction un bon nombre d’œuvres. Il faut avouer que ces images crues et salaces entretiennent les mythes et les clichés d’une société dépravée. Les nombreux phallus et les scènes de sexe font l’apologie des genres et des plaisirs. Heureusement, ce n’est pas par vice que l’auteur s’est penché sur le sujet, mais à l’occasion de l’organisation d’une exposition en 2005. Depuis, il a étudié les enfers des musées français et méditerranéens à la recherche du plus petit phallus. L’originalité de sa quête dresse le portrait d’une société romaine aux antipodes de nos certitudes. L’image véhicule une idée qu’il faut décrypter à l’aide du droit et des traditions antiques pour comprendre les mœurs. La démarche permet de poser de nouvelles questions et d’apporter une nouvelle position jusqu’à présent ignorée.

La décadence romaine – la fin d’un mythe…

Les censeurs romains ont été les premiers à révéler la déliquescence de l’Empire en dénonçant le comportement libidineux des précédents Empereurs afin d’assurer l’illustre légende de ceux qui leur ont succédé. Fort de ce constat, l’auteur a utilisé avec beaucoup de prudence la littérature classique dont la fiabilité ne peut pas se confondre avec celle d’une étude sociologique légitime. Cette documentation est souvent le fruit de caricatures antiques, de satyres politiques ou de poèmes libidineux, rédigés par des hommes et probablement pour des hommes. La transmission des textes réalisée par le travail des moines copistes n’est pas exsangue de partialité ni d’une traduction sans arrière-pensée. Le puritanisme chrétien a développé un message qui est basé sur le monothéisme et une moralité exemplaire. Cette politique a largement contribué à dénigrer les romains et leur héritage.

De l’image à la métaphore

Il en résulte une nouvelle analyse iconographique pertinente qui refuse une lecture au premier degré. L’ensemble des points communs révèle une société qui s’amuse en usant d’un humour potache pour dénoncer les comportements immoraux. Cette satire vise prioritairement la matrone, car elle incarne l’idéal de la noblesse féminine en sacralisant toutes les qualités et les vertus.

 

Pour en savoir plus : Cyril Dumas, L’art érotique antique. Fantasmes et idées reçues sur la morale romaine, Editions book-e-book (2016), coll. « Une chandelle dans les ténèbres », 80 pages.

L’originalité de sa quête dresse le portrait d’une société romaine aux antipodes de nos certitudes.

Acheter ce livre

Amazon

Acheter ce livre

Cyril Dumas

Conservateur du Musée d’histoire et d’archéologie des Baux-de-Provence