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« Le dernier des nôtres » d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre

« Le dernier des nôtres » d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre

« Le dernier des nôtres » d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre, chez Grasset (sélection Interallié et Renaudot 2016)

Une nouvelle immersion dans l’univers décomplexé et romanesque de l’auteur de Fourrure.

« La première chose que je vis d’elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu’enserrait la bride d’une sandale bleue… »

Manhattan 1969 : Werner Zilch est un jeune homme dévoré d’ambition. A force d’ardeur au travail, il veut faire partie de la classe moyenne américaine et conquérir New-York. Homme à femmes, ses conquêtes se succèdent au rythme de son brulant appétit de réussite.

Avec un tel penchant pour la prédation, pas question pour lui de succomber aux charmes que Cupidon dispose sur son passage.

Et pourtant, il rencontre une jeune fille qui l’éblouit. Coup de foudre instantané, pour lui, elle est la femme de sa vie. Il lui faut absolument la conquérir, mais la tâche s’avère plutôt ardue : Rebecca est une riche héritière, ses parents veillent de près sur leur progéniture, se méfiant des véritables intentions d’éventuels prétendants. Il parvient tout de même, malgré les embûches, à se faire inviter à dîner par eux. L’occasion pour lui de faire connaissance de la mère de Rebecca, Judith.

C’est le choc : Judith s’effondre en le voyant et Rebecca ne donne plus signe de vie. Pourquoi ?

Dresde, 1945 : sous un déluge de bombes, dans l’horreur d’une Allemagne qui déporte, combat et se débat dans une sauvagerie devenue la norme de l’époque, une jeune mère, Luisa, meurt juste après avoir donné naissance et choisi le prénom de son garçon : « Ne changez pas son nom. Il est le dernier des nôtres » dit-elle aux soldats qui l’entourent.

Avec puissance et émotion, Adélaïde de Clermont Tonnerre nous fait traverser ces continents et ces époques que tout oppose : des montagnes autrichiennes au désert de Los Alamos, des plaines glacées de Pologne aux fêtes new-yorkaises, de la tragédie d’un monde finissant à l’énergie d’un monde naissant…

Deux frères ennemis, deux femmes liées par une amitié indéfectible, deux jeunes gens emportés par un amour impossible sont les héros de ce roman tendu comme une tragédie, haletant comme une saga.

Ecrit au masculin, Le Dernier des nôtres tisse, assemble, brosse avec le talent habituel de son auteure les destinées de ses personnages, inexorablement condamnés à voir leur route converger indéfiniment pour confronter leurs actes, leur passé où les plaies mal cicatrisées sont prêtes à se rouvrir à la moindre sollicitation.

Werner Zilch, c’est lui, Le dernier des nôtres. Il traverse les époques et les épreuves, avant de devenir ce héros à la flamboyance désuète, mais non dépourvue de charme. Il est fou de cette fascinante Rebecca, à jamais inaccessible.

Tout comme Fourrure, Le Dernier des nôtres est une fresque, avec une kyrielle de personnages décrits de manière si réaliste que l’on se familiarise très vite avec eux, sans s’y perdre. Ils endurent de terribles souffrances, et aiment à en mourir. Mais ils vivent intensément aussi : gare à vengeance, il n’est pas conseillé de faire partie de leurs ennemis.

Adélaïde de Clermont-TonnerreAvec son style si personnel, Adelaïde de Clermont-Tonnerre vous déroule, avec Le dernier des nôtres, deux récits qui finissent par n’en former qu’un, dévoilant une histoire à la fois complexe, captivante qui ne manquera pas de vous ensorceler. L’amour est-il en mesure, lorsque qu’il atteint cette intensité, de dépasser les passés obscurs, les secrets enfouis ?

 

 

Deux frères ennemis, deux femmes liées par une amitié indéfectible, deux jeunes gens emportés par un amour impossible sont les héros de ce roman tendu comme une tragédie, haletant comme une saga

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Christine Larrouy

Christine Larrouy 

Directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.