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« Le vent se lève » de Sophie Avon

« Le vent se lève » de Sophie Avon

« Le vent se lève » de Sophie Avon au Mercure de France (sélection Renaudot 2016)

Lili a 20 ans, au début des années 80, quand elle embarque avec son frère Paul, sur un voilier, Le Horus. Elle laisse derrière elle son fiancé, Vincent, qui l’attendra à Bordeaux.

Paul est très expérimenté, c’est un marin passionné. Mais traverser l’Atlantique à la voile n’est pas une mince affaire ! De port en port, au gré des escales, Paul et Lili rencontrent des vieux amis, ou des inconnus avec qui ils tissent des liens. Les étapes sont parfois longues et difficiles, la météo pas toujours clémente… Les Açores, l’Afrique de l’Ouest, Dakar, puis c’est enfin la grande traversée de l’Atlantique, l’arrivée au Brésil, où ils se laisseront envahir par un sentiment de bien-être et de plénitude, et jouiront pleinement de l’existence…

Pour Lili, ce voyage répond à un besoin impératif : fuir là-bas, fuir… Partir et voguer vers des mondes nouveaux et inconnus. Se soustraire aux attaches familiales, amoureuses, à celles du quotidien, se sentir libre : en somme s’échapper avant d’entrer véritablement dans le monde des adultes.

Mais il faudra bien se résoudre à rentrer. Faire le chemin du retour, même en avion, ne sera pas si facile. Comment conserver le goût d’un paradis fugitivement aperçu et retrouver une vie « normale » ?

Nous sommes au début des années 1980. La parenthèse enchantée des années 1970 est à jamais révolue. Le chômage, les crises préfigurent un avenir bien incertain, plus obscur, moins brillant. Une maladie qui marquera la fin du XXe siècle et celui qui suit fait son apparition.

Voici ce qui attend les deux jeunes héros de Sophie Avon, en proie à de nombreuses questions existentielles.

Un joli roman initiatique riche en rencontres, en belles images et beaux paysages portés par une plume aérée et fine qui nous emmène en voyage à travers le monde et à la recherche de soi.

Ce livre est un voyage sur une tranche de vie entre découverte culturelle étrangère, le retour à la vraie vie et une introspection.
Lili, la vingtaine, décide avec son frère de faire une expédition sur un voilier entre Dakar et le Brésil et un retour sur Bordeaux. Elle y laisse son fiancé tout en ayant des pensées régulières pour lui.
Dès la couverture, on nous invite à un beau voyage avec une jolie photographie prometteuse du Concorvado au Brésil.
Puis vient la découverte de Lili et son frère, de leur joie de commencer cette expédition, de leur voilier et leur plénitude dès les premières heures, même si ça manque d’intrigue.
L’escale, pour ma part court à Dakar, où j’aurai voulu en connaître un peu plus de leurs rencontres et de la découverte de ce pays…mais ce n’est qu’une Escale.
Et puis enfin, le Brésil, Lili et son frère y reste plus longtemps, et grâce à l’écriture, on y ressent toute la chaleur du pays par ses paysages, ses us et coutumes et des rencontres opportunes. On aurait presque envie d’y être.
Puis le retour à la réalité pour Lili, le retour sur Bordeaux, le retour sur ses envies, des remises en question pour une jeune de vingt ans mais d’avoir vécu une expérience, une tranche de vie enrichissante.

Le vent se lève de Sophie Avon est une très belle découverte, un roman très intimiste, assez lent mais jamais ennuyeux, tout en douceur même lors des douleurs et des doutes de la narratrice “Lili” une jeune femme de 20 ans au caractère bien trempé.
J’ai eu beaucoup d’empathie pour ce personnage à l’esprit juste mais aussi torturé, livrée à ses questions existentielles et à ses doutes face à son amour resté en métropole et à l’inquiétude de ses proches lors de ce beau voyage.
L’histoire raconte la traversée de l’atlantique jusqu’au Brésil en passant par l’Afrique d’une sœur et son frère à bord d’un petit voilier, la narratrice nous conte sous la forme d’un journal de bord (en plus poétique) les joies de l’aventure et de la découverte, la peur et l’excitation de l’inconnu, les peines, les doutes et les certitudes de l’amour, l’enthousiasme de la liberté et du lâcher prise, l’amitié et la magie des rencontres.
J’ai été surpris par la justesse des mots et la poésie qui s’en dégage, un texte court et simple à lire mais où l’on ressent que l’auteure y a mis tout son amour de la littérature, ce fût pour moi une très belle lecture ou l’espace de quelques soirées j’ai été happé par cette histoire et ces personnages lors de cette traversée aux paysages merveilleux. J’adore la mer et aussi l’Amérique du sud, ce roman m’a donné pas mal de nostalgie, connaissant bien la ville de Belém au Brésil ainsi que la Guyane française, je me voyais de retour dans cette ambiance toute particulière, une véritable évasion.
Je tiens à remercier Les éditions Mercure de France et Babelio de m’avoir permis de lire ce beau roman et d’en faire une chronique par le biais de l’opération Masse Critique !

Paul et Lili ont vingt ans et l’avenir devant eux. Ils sont frères et sœurs, ont des envies de voyage et de découvertes, le besoin de s’échapper avant d’entrer véritablement dans le monde des adultes qui, ils le pressentent, les entraînera dans un quotidien peut-être sans rebondissements (du moins c’est ce que le lecteur ressent). Nous sommes au début des années 1980, la période faste des années 1970 est derrière, le chômage, les crises préfigurent un avenir bien incertain, plus sombre, moins glorieux. Une maladie qui marquera le siècle et celui qui suit fait son apparition. Voici le contexte dans lequel doivent évoluer les jeunes adultes qui sont en proie à de nombreuses questions existentielles.
Lili et Paul vont faire le choix de découvrir le monde, de se connaître eux-mêmes avant d’avancer dans leur vie futur en accord avec ce qu’ils souhaitent devenir. Paul est l’aîné, est totalement passionné par la mer et les bateaux, et aimerait faire sa vie de port en port sans jamais toucher terre. Lili, quant à elle, est à la recherche de son identité et n’hésite pas à quitter Vincent dont elle est très amoureuse pour partir vers un ailleurs, une quête qui la fera grandir et réfléchir.
C’est à bord de l’Horus, nom qui évoque une allusion au lointain et plus particulièrement le dieu égyptien guérisseur et sauveur, que leurs rêves vont prendre forme. Les deux jeunes gens prennent leur envol.

Sophie Avon

©sudouest.fr

Après un premier échec suite à une avarie, opiniâtres et décidés coûte que coûte à entreprendre ce voyage, ils repartent en mer. Ils ne sont pas seuls puisque la meilleure amie de Lili les accompagne. Les voici partis direction Madère, la Mauritanie, le Sénégal et le Brésil. L’Horus se transforme en auberge espagnole lorsqu’ils prennent à leur bord un Suédois et une Espagnole.
Ils vont gagner Rio de Janeiro, son exotisme, sa légèreté pour apprendre à se comprendre. Un voyage humain et d’introspection.
Un joli roman initiatique riche en rencontres, en belles images et beaux paysages portés par une plume aérée et fine qui nous emmène en voyage à travers le monde et à la recherche de soi.

Horus, le dieu faucon, fils d’Isis et Osiris, est le dieu de Behdet (dans la partie occidentale du delta du Nil). Horus est vénéré dans différentes localités d’Egypte. C’est le dieu de l’azur, des espaces célestes. Le soleil et la lune sont ses yeux.

 

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Christine Larrouy

Christine Larrouy 

Directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.