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« Lettre au dernier grand pingouin » de Jean-Luc Porquet, Collection Verticales, Gallimard (2016)

« Lettre au dernier grand pingouin » de Jean-Luc Porquet, Collection Verticales, Gallimard (2016)

Une lettre qui rend hommage à cette espèce disparue en 1844.

Le 3 juin 1844, sur l’île d’Eldey, non loin du cercle polaire, des pêcheurs islandais ont tué les deux derniers spécimens de grands pingouins.

En « honnête homme » du XXIe siècle, Jean-Luc Porquet sait que, à l’image de cet oiseau incapable de voler, toutes sortes d’animaux sont en train de disparaître, que la sixième extinction de masse des espèces est en cours, que la Terre n’a pas connu pareil massacre depuis 65 millions d’années et que les hommes, ses semblables, en sont les maîtres d’œuvre irresponsables.

Comment faire face à ces évidences sans céder à la panique ni tomber dans le déni ?

 Jean-Paul Escande s’était lui aussi exprimé sur l’objet de ce débat dans Booquin le 13 décembre (Une attente écologique – Tome 1) et (Une attente écologique – Tome 2).

205-aIci, Jean-Luc Porquet, journaliste au Canard Enchaîné, écrit au Grand Pingouin pour le prendre à témoin dans une lettre à charge pour l’humanité, et s’interroge en miroir sur nos destinées solidaires.

©divergences.be

« D’un côté, l’homme n’est qu’au début d’un grand inventaire, n’ayant identifié jusqu’à présent qu’un million et demi d’espèces. De l’autre, il détruit avec entrain y compris celles dont il n’a même pas pris la peine de faire connaissance. »

Que savons-nous a l’heure actuelle cet oiseau de la famille des Alcidés ? Que peuvent nous révéler ses quelques reliques qui s’empoussièrent dans les muséums : 80 spécimens naturalisés, 6 douzaines d’œufs, peints ou non, 24 squelette ? Le monde est né sans le grand pingouin et continue à tourner sans lui. Ce à quoi notre ami empaillé pourrait rétorquer : « Le monde est né sans l’homme et s’achèvera probablement sans lui » ! (Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques)

L’espèce humaine se comporte vis-à-vis de notre planète avec la certitude plus ou moins revendiquée qu’elle est l’élue de Dieu, et que de toute façon, face à n’importe quelle catastrophe depuis qu’elle existe, elle a toujours trouvé au cours des âges une solution pour s’en sortir.

Mais il est désormais établi scientifiquement que l’Homme n’est qu’une espèce parmi les autres et que, comme les autres espèces, elle est susceptible de disparaître.

Cette lettre à bâtons rompus se fait tour à tour intime, érudite et rêveuse : une élégie funèbre, mais combative.

Jean-Luc Porquet est né en 1954. Il contribue à plusieurs événements journalistiques : dès 20 ans, en 1974, il crée à Lille avec des amis Le clampin libéré, publication dite de « contre-information » ; à 30 ans, il intègre le magazine Actuel ; puis, à 40 ans, le Canard enchaîné. Ses thèmes de prédilection ? La technologie et ses effets secondaires, l’écologie et la mondialisation. Il a également publié des ouvrages dont La débine (chez Flammarion, 1988), Que les gros salaires baissent la tête ! (aux éditions Michalon, 2005) ou Jacques Ellul, l’homme qui avait (presque) tout prévu (au Cherche Midi, 2003).

Le monde est né sans le grand pingouin et continue à tourner sans lui. Ce à quoi notre ami empaillé pourrait rétorquer : « Le monde est né sans l’homme et s’achèvera probablement sans lui » ! (Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques)

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Léa Félix, passionnée de littérature : nouveautés et classiques, fictions, essais, BD, SF. J’aime les animaux, leurs écosystèmes, bref tout ce qui concerne l’avenir de notre planète. J’adore également sortir avec mes amis et, baroudeuse à mes heures, je voyage pour rencontrer les gens.