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« L’impertinent absolu » – exposition consacrée à Oscar Wilde au Petit Palais jusqu’au 15 janvier 2017

« L’impertinent absolu » – exposition consacrée à Oscar Wilde au Petit Palais jusqu’au 15 janvier 2017

« L’impertinent absolu » – exposition consacrée à Oscar Wilde au Petit Palais jusqu’au 15 janvier 2017

« Dire d’un livre qu’il est moral ou immoral n’a pas de sens. Un livre est bien ou mal écrit – c’est tout. » Oscar Wilde.

Visible au Petit-Palais (Paris) jusqu’au 15 janvier, la première exposition française consacrée à Oscar Wilde L’impertinent absolu nous mène dans les lacis d’une vie où se croisent tr

agédiennes et bagnards, dandys et aristocrates fin-de-siècle.

Oscar Wilde

©GINIES – Sipa

Au fil rouge sombre de salles à l’atmosphère de chapelles ardentes, défilent, via manuscrits et tableaux, photos et caricatures, Sarah Bernardt et Huysmans, Beardsley et Lord Alfred Douglas, les admirations et les amours, les témoins et les censeurs d’une vie tracée avec génie.

©GINIES - Sipa

©GINIES – Sipa

Parler d’Oscar Wilde donne une excellente occasion à Booquin d’évoquer son unique roman, Le Portrait de Dorian Gray.

Cette œuvre hédoniste vaut à l’auteur iconoclaste une grande notoriété, même si une partie du public anglais reste choquée par l’immoralité du héros. Les nombreuses polémiques qui s’en suivront ne feront que renforcer le succès de cet « impertinent absolu ».

Dorian Gray est un jeune dandy d’une rare beauté. L’un de ses amis et peintre, Basil Hallward, propose de faire son portrait et, fasciné par son modèle, il parvient au paroxysme de son art. Dorian Gray, jeune homme terriblement narcissique, tombe amoureux de son propre reflet. Et c’est chez Hallward qu’il fait la rencontre, ô combien funeste, de Lord Harry. Le peintre supplie le lord de ne pas débaucher le crédule Dorian. « Écoutez, Harry, Dorian Gray est mon ami le plus cher. Il est d’une nature simple et belle. Ne l’abîmez pas. N’essayez pas de l’influencer… Ne m’enlevez pas la personne qui donne à mon art le charme qui est le sien ! » …

Dorian, de son côté, s’ennuie d’une vie qui lui semble trop étriquée, trop sage. Les conseils et les paroles hédonistes de ce gentleman le séduisent et réveillent en lui sa part sombre : égocentrisme, désirs, plaisirs…

Alors la tentation pour le diabolique Harry devient bien trop belle ! Le chat a trouvé une souris…

Dans un jeu pervers, il incite le bel éphèbe à faire le vœu de conserver l’éclat de sa jeunesse. Mais, les années passant, le portrait accuse l’outrage du temps à sa place. Cette perpétuelle quête de la beauté amène le naïf à regretter amèrement ce pacte narcissique impossible. Car en regardant son portrait, il prend conscience que cette représentation restera toujours jeune, alors que lui vieillit et perd inexorablement sa beauté.

Va naître dès lors en lui une profonde jalousie à l’égard du tableau. Il commence à souhaiter ardemment qu’il vieillisse à sa place pour pouvoir garder lui-même sa beauté d’adolescent, et signe un pacte avec le diable qui lui offre la jeunesse éternelle…

Vient le jour où Dorian tombe amoureux d’une comédienne, Sibyl Vane. La jeune femme, fort éprise elle-même de celui qu’elle nomme son « prince charmant », est désormais incapable d’incarner ses personnages. Son jeu devient particulièrement médiocre, ainsi que peuvent le constater Basil et Lord Henry que Dorian a emmenés avec lui au théâtre.

Profondément déçu et humilié, Dorian rompt sur le champ, laissant Sibyl détruite. En rentrant, il remarque sur le portrait une expression de cruauté qu’il ne lui connaissait pas. Un soupçon lui effleure l’esprit : est-ce que son souhait insensé se serait réalisé ? Le lendemain, il apprend le suicide de Sibyl, mais, à son grand étonnement, il n’en n’est nullement affecté, lui qui aimait hier encore si tendrement la belle tragédienne.

L’âme de Dorian, en perdant son innocence, est devenue incapable d’éprouver de la compassion… Le tableau, quant à lui, enlaidit, bien sûr suite aux inévitables signes du vieillissement, mais surtout à cause des stigmates physiques du péché.

L’abandon de Sybil l’ayant conduite au suicide ne restera pas impuni : le frère de la comédienne cherche l’indélicat fiancé avec la ferme intention de venger sa sœur et de le tuer. La traque dure vingt ans. Enfin retrouvé, Dorian échappe par miracle à son assassin putatif : le frère n’a pas pu identifier le coupable, car il a devant lui un très jeune homme, qui ne peut être celui qu’il cherche, puisqu’il devrait être d’âge mûr.

Dorian dès ce moment vit dans la peur d’être tué. Alors il décide de se racheter, de devenir meilleur et de faire acte de contrition pour que le portrait retrouve son aspect d’innocence. Après une première bonne action, il vérifie si le portrait n’a pas embelli ; mais la toile porte désormais, en plus des marques du péché et du temps, un pli d’hypocrisie qui le rend encore plus abject. Désespéré, Dorian poignarde le tableau, qui exhibe les traces de ses crimes.

Un homme vieux et hideux est retrouvé mort en face du tableau, qui a recouvré son aspect premier : un jeune homme d’une beauté incroyable, à l’innocence sans taches.

©guideirlande.com

©guideirlande.com

Le Portrait de Dorian Gray, s’avère, aussitôt paru et grâce au scandale qu’il déclenche, un succès aux relents sulfureux qui serviront très efficacement la douteuse renommée de son auteur, pour son plus grand bonheur : vous avez vraiment à faire à un l’impertinent absolu !

Oscar Wilde, de son nom complet Oscar Fingal O’Flahertie Wills Wilde, est un écrivain irlandais né à Dublin en 1854 et mort à Paris en 1900.

 

Oscar Wilde

Le Portrait de Dorian Gray, s’avère, aussitôt paru et grâce au scandale qu’il déclenche, un succès aux relents sulfureux qui serviront très efficacement la douteuse renommée de son auteur, pour son plus grand bonheur : vous avez vraiment à faire à un l’impertinent absolu !

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Christine Larrouy

Christine Larrouy 

Directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.