Select Page

« Ma part de Gaulois » de Magyd Cherfi chez Actes Sud

« Ma part de Gaulois » de Magyd Cherfi chez Actes Sud

« Ma part de Gaulois » de Magyd CHERFI chez Actes Sud

Pour ceux qui veulent leur part de Zebda !

Sélectionné pour le Goncourt 2016

C’est l’année du baccalauréat pour Magyd, petit Beur de la rue Raphaël, quartiers nord de Toulouse. Pensez donc, le premier bac « arabe » de la cité. Cela ne va pas forcément de soi : le bout d’un tunnel, l’apogée d’un long bras de fer avec la fatalité, sous l’incessante pression énamourée de la toute-puissance maternelle et les quolibets goguenards de la bande. Parce qu’il ne fait pas bon passer pour un « intello » après l’école, dans la périphérie du « vivre ensemble ». Magyd et ses inséparables ami, Samir le militant et Momo l’artiste de la tchatche, en font l’expérience au quotidien.
Entre soutien scolaire aux plus jeunes et soutien moral aux filles cadenassées, une génération joue les grands frères et les ambassadeurs entre familles et société, tout en se cherchant des perspectives d’avenir exaltantes.

Ma part de Gaulois, une chronique non dupe d’un triomphe annoncé à l’arrière-goût doux-amer qui revient sur un rendez-vous manqué, celui de la France et de ses banlieues.

Ma part de gaulois vous ramène aux années pré-mitterrandiennes. Avec pour préoccupation majeure l’incontournable question de l’identité de ces enfants d’immigrés partagés entre leurs deux cultures. La plupart des ados du quartier sont englués dans la fatalité, « Bougnoules » ils sont et le resteront. A peine si quelques-uns rêvent de perspectives plus exaltantes et se battent pour gagner leur part de « Gaulois », craignant la réussite comme signe d’allégeance aux « Blancs », et risquant ainsi de passer à l’ennemi et de trahir la cause, la famille, la religion. C’est au milieu de cette dualité compliquée qu’il peine à se maintenir en équilibre face à la réalité du moment et le poids des traditions des familles d’immigrés.

Encore aujourd’hui, il éprouve le besoin de revenir sur son enfance et son adolescence et sur cette quête éperdue dont l’écho résonne plus que jamais dans les quartiers.

« Dire que j’écris me gêne, complexe d’ancien pauvre, d’ex-fils d’immigré, d’épisodique schizophrène car j’suis devenu français. J’ai du mal à écrire car je m’écris et m’écrire c’est saisir une plaie par les deux bouts et l’écarter un peu plus. La plume m’a séparé de mes compagnons d’infortune, tous ces « Mohamed » de ma banlieue nord hachés menus par une société qui a rêvé d’un « vivre ensemble » sans en payer le prix. Je raconte une fêlure identitaire, un rendez-vous manqué. [En] 1981, la gauche arrivait au pouvoir la besace pleine de l’amour des hommes et les premiers Beurs accédaient au bac. Le bac, une anecdote pour les Blancs, un exploit pour l’indigène. Tout était réuni pour cette égalité des droits tant chérie. La promesse d’une fraternité vraie semblait frémir » confie l’auteur.

magyd-cherfi

©photo FR3 régions

Pourtant, il est évident que chez lui l’écriture est une seconde nature, et ce dès son plus jeune âge. Il aime explorer ce monde vertigineux et infini qui lui permet d’exprimer ses sentiments, réels ou imaginaires. Dès le début des années 2000, Magyd, en grand admirateur de Madame Bovary, se lance dans ce qui a toujours été chez lui une passion. Parolier de Zebda, il est à l’origine de leur plus célèbre titre, Tomber la chemise, dont le refrain, entêtant, entraînant, résonne encore dans nos têtes

ma part de gaulois

1981 : l’année où Magyd Cherfi passe son bac en filière A (littéraire de l’époque), avec comme épée de Damoclès la pression de sa mère qui fait du diplôme sa priorité absolue…

Acheter ce livre

Acheter ce livre

Christine Larrouy

Christine Larrouy 

Directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.