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« New York, esquisses nocturnes » de Molly Prentiss

« New York, esquisses nocturnes » de Molly Prentiss

« New York, esquisses nocturnes » de Molly Prentiss chez Calmann Levy (sélection Prix du premier roman 2016)

Le magnétisme d’un New-York qui n’existe plus, celui des années 80…

Au début des années 80, le downtown de New York est le centre de l’univers, un terrain de jeu revêche, encore hermétique à la menace de l’embourgeoisement. Artistes et écrivains s’y mêlent dans des squats insalubres où leurs rêves de reconnaissance prennent des formes multiples. Car à Manhattan, à cette époque, la crasse sont glamour, les enseignes de sex-shops font partie du paysage ordinaire, et les ateliers répugnants des artistes n’ont pas encore été troqués contre des commerces chics. Lorsque Molly Prentiss s’y installa, à l’âge de 21 ans, elle n’était absolument pas préparée au choc de sa découverte de la Grande Pomme : tout y était sale, bruyant.

Ce sera finalement prétexte à un roman, trente ans plus tard. Lucy, l’héroïne de New York, esquisses nocturnes, est une blonde aux longs cheveux, comme sa créatrice. Comme elle, elle débarque d’une petite ville perdue (de l’Idaho), aussi désemparée au début qu’elle. La ville la fascine, l’étourdit, mais lui fait peur. Mais la similitude s’arrête là.

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Son chemin croise celui de Raul, un peintre argentin en exil, fuyant son passé et la « guerre sale » qui a enflammé son pays. S’affamant pour payer son matériel, il peint le jour d’immenses toiles, mettant en scène les spectres qu’il croise la nuit.

Un soir, Raul attire l’attention de James Bennett, critique d’art en vogue du New York Times, qui fait et défait les réputations des artistes. Il est proche de Basquiat, Warhol et Keith Haring : une véritable pointure !

James achète un portrait de Lucy, peint par Raul. Le portrait rayonnant d’une jeune femme d’à peine vingt-deux ans amoureuse du peintre. Dès lors, les vies des trois personnages vont se mêler, jusqu’à s’entremêler, et in fine s’imbriquer les unes dans les autres.

Avec New York, esquisses nocturnes, Molly Prentiss nous offre un merveilleux triptyque chargé de rêves, de joie, de couleurs, de talents, mais aussi de désastres et de drames.

Le destin des trois héros de New York, esquisses nocturnes va se jouer autour d’une toile intitulée Le Rêve américain. Car James n’est pas un amateur d’art ordinaire. Il est atteint de synesthésie : quand il regarde une toile, il sent simultanément une odeur, il entend une musique. Chacun autour de lui est associé à une couleur, chaque personne a sa propre tonalité. Pour lui, la peinture c’est d’abord une expérience sensorielle. Il peut même affirmer, d’un tableau, qu’il étanche sa soif.

Dans le monde de l’art, tous ses articles sont considérés comme des prophéties, ses trouvailles comme les futures révélations à ne surtout pas dédaigner. Aussi quand on apprend qu’il a acheté une toile du jeune argentin inconnu, la cote de Raul explose. Las, la vie, loin d’être un long fleuve tranquille, ne laissera pas nos trois héros goûter sereinement cette parenthèse enchantée.

Tandis que l’ascension fulgurante de l’un entraîne l’autre sous les projecteurs, une double tragédie les frappe. Le destin décide de terrasser les deux hommes.

Dans ce chaos, Lucy, l’amante rayonnante de Raul, tente de les extraire de leur détresse. Entre peintre, critique et muse se dessine alors un triptyque amoureux étourdissant.

Avec une écriture inventive d’une grande force poétique, Molly Prentiss explore avec New York, esquisses nocturnes la nécessité de beauté, de partage, de création et d’amour dans un paysage urbain et mouvant.

« Un défi impertinent : écrire une lettre d’amour polychrome à un Manhattan qui n’est plus. Aussi prodigieux qu’exaltant. » The New York Times.

« Prentiss invente une merveilleuse manière d’imposer une élégance florissante à ses personnages. » The Guardian.

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Christine Larrouy

Christine Larrouy 

Directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.