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Peter Sloterdijk, son dernier ouvrage : « Ma France »

Peter Sloterdijk, son dernier ouvrage : « Ma France »

Peter Sloterdijk se penche dans « Ma France », son dernier ouvrage, sur le rapport que les peuples d’Europe entretiennent avec leur propre histoire.

Peter Sloterdijk essayiste et philosophe allemand est une figure importante de la pensée européenne.

Cette mosaïque de vingt-deux textes (parfois parus en France en volume, parfois inédits) compose un portrait philosophique, politique, intellectuel et historique de la France telle que la voit Sloterdijk,  sans complaisance, mais sans renier ses admirations.

Dans Ma France, il exprime un amour teinté de distance et parfois d’ironie pour les grands auteurs français ou francophones : Descartes, Voltaire, Dumas, Althusser, René Girard, Bruno Latour et tant d’autres. Il revient sur les grands événements de l’histoire de France, notamment la Révolution. Il observe avec étonnement le monde et de la vie politique en France ; on y trouvera entre autres un passage surprenant concernant Jean-Pierre Chevènement, et le texte fulminant paru sous le titre Théorie des après-guerres. Il évoque aussi les paysages et la montagne française dans un entretien inédit.

« Récemment, (…) je suis tombé sur une photographie que ma sœur m’avait envoyée à l’occasion de mon soixantième anniversaire. (…) Elle m’a envoyé une photo où j’avais peut-être quatre ans, je portais un pantalon en cuir, à la bavaroise. » Sur cette photo, il découvre son visage d’enfant qui se retient de pleurer, gêné d’être pris en photo « et qui espère qu’en souriant, on peut survivre. C’est ça le message de cette photo… »

L’histoire de ce petit garçon est peut être à l’image de l’Allemagne d’après-guerre qui, malgré sa vulnérabilité, espère pouvoir se reconstruire. Peter Sloderdijk se souvient d’ailleurs de l’univers dans lequel il a grandi, celui d’une Allemagne en ruines. Ruines dont les enfants s’accommodaient et qui devenaient de fabuleux terrains de jeux: « Un enfant ne se pose pas de questions, (…) il prend tout comme il est. »

Né en 1947, il n’a pas connu les bombardements par les forces aériennes américaines et britanniques. Il se rappelle cependant le témoignage de sa mère : « elle m’a raconté d’une façon très impressionnante ce que ça voulait dire d’éprouver réellement la menace de la mort imminente. Personne ne savait si les caves où l’on se cachait tiendraient. »

Il évoque l’histoire du regard que les Allemands portent sur leur propre passé. Juste après la guerre « on voulait repartir à zéro, comme si rien ne s’était passé… Nous étions alors coupables de ce qui s’était passé et coupables de vouloir l’oublier. » Le tournant se fait au milieu des années soixante : « là, il y avait une sorte de coupure psycho-politique, c’est la nouvelle génération qui a formellement ouvert le procès de la reconstruction … »

Pourquoi vouloir devenir philosophe ? Il répond : « Je me demande si la question est bien posée, parce qu’elle présuppose que c’était un choix … » Celui qui a fait sa thèse sur l’autobiographie a peut-être du mal à parler de lui-même avec légèreté : « Je connais la tentation d’arranger les faits biographiques de telle façon qu’on puisse parler de choix, mais à y regarder de plus près, il y a toujours un élément très fort de hasard et c’est peut-être l’inverse : c’est la philosophie qui a pris possession de [moi], ce pauvre personnage qui, au début, faisait semblant de s’y intéresser… »

Peter Sloterdijk essayiste et philosophe allemand est une figure importante de la pensée européenne.

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Christine Larrouy

Gérante de société de consulting, directrice de projets éditoriaux et événementiels dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice. Aborde l’actualité du livre dans un choix de partage du point de vue subjectif que lui suggère le livre. Christine Larrouy, directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.