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« Les portes du néant » de Samar Yazbek, chez Stock (sélection Médicis 2016)

« Les portes du néant » de Samar Yazbek, chez Stock (sélection Médicis 2016)

Une femme sous les bombes…

Figure de l’opposition au régime de Bachar al-Assad, Samar Yazbek est contrainte de quitter son pays tant aimé en juin 2011 pour échapper au massacre, mais aussi pour protéger sa fille. Depuis son exil, elle ressent l’urgence de témoigner. Au mépris de tout danger, elle retourne clandestinement dans son pays, en s’infiltrant par une brèche dans la frontière turque. Se portant témérairement au secours des siens, elle fonde une association d’aide aux femmes syriennes visant à mettre en place des écoles et des centres de formation.

C’est donc par trois fois qu’elle effectue le voyage en enfer, dans la région d’Idlib, où elle vit de l’intérieur l’horreur de la guerre civile, aux côtés des activistes. Ces trois voyages forment les trois volets de son bouleversant récit. Trois volets qui montrent l’évolution, ou plutôt la dégradation de la situation en Syrie. On y découvre avec épouvante ce que les femmes et les enfants, ou du moins ceux qui réussissent à survivre, endurent depuis le début du conflit, où la population est littéralement prise dans l’étau de causes qui ne leur appartiennent pas.

Des premières manifestations pacifiques pour la démocratie à la formation de l’Armée Syrienne Libre, jusqu’à l’émergence de l’État islamique, Samar Yazbek livre un témoignage courageux sur le quotidien des combattants, des enfants, des hommes et des femmes ordinaires qui luttent pour survivre. Elle dit l’odeur de la terre après l’explosion d’une bombe, l’effroi dans le regard des mères, les corps mutilés ; elle dit l’une des plus grandes tragédies du XXIe siècle.

Ce sont généralement les hommes font la guerre. Mais, exception qui confirme la règle, c’est une femme, cette syrienne de 46 ans, qui vous ouvre Les portes du néant pour vous faire entrer dans son pays à tête de mort. Un récit baigné de larmes qui raconte le double fléau qui s’est abattu sur lui : celui d’un régime complètement fou et celui de la cruauté insupportable des fanatiques islamistes.

Rarement un tel focus sur une catastrophe de cette ampleur ne fut offert à notre regard occidental, quelque peu égaré par la pléthore d’images qui induit plus de confusion et de trouble que d’information. Samar Yazbek s’est attelée à cette tâche colossale depuis Paris, où elle vit désormais réfugiée.

Elle apparait çà et là dans son récit, mais toujours elle s’efface devant la parole, brute, des personnes qu’elle rencontre. Peu de descriptions, sinon celles des ravages provoqués par les bombardements. Des portraits, celles de figures fortes qui l’on accompagnée dans son périple, celle des personnes qu’elle a croisées furtivement, et dont elle montre les douleurs, les blessures, les mutilations. La mort est omniprésente. Elle fait désormais partie du quotidien des syriens.

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©MathieuZazzo

Après « Feux croisés », Samar Yazbek témoigne une nouvelle fois sur la tragédie que vit son pays. Elle prend part dès 2011 au soulèvement populaire contre la dictature de Bachar al-Assad en Syrie.

Samar est « une femme laïque, démocrate et alaouite. Tout la désigne comme cible » et pourtant elle fait preuve d’un grand courage, d’une force et d’une foi inébranlables, d’une résistance à toute épreuve.

Samar est « une femme laïque, démocrate et alaouite. Tout la désigne comme cible » et pourtant elle fait preuve d’un grand courage, d’une force et d’une foi inébranlables, d’une résistance à toute épreuve.

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