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« Poupe » par François Cérésa – Mon père, ce héros !

« Poupe » par François Cérésa – Mon père, ce héros !

« Poupe » par François Cérésa, Ed. Le Rocher, 1er Septembre 2016.

Mon père, ce héros !

On connaît le vers de Lamartine : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. » Le père du narrateur est mort. Il l’appelait Poupe. Ce Poupe s’inscrit naturellement, comme sa suite légitime, dans la veine de Moume (Le Rocher, 2002), hommage émouvant rendu à sa mère. Son père, Jean, était un sacré bonhomme avec un sacré caractère. Une force de la nature. Un héros de western. Il descendait d’une famille d’ouvriers italiens et avait réussi l’exploit de se hisser sur la plus haute marche de l’élite intellectuelle de gauche (Jean Daniel, Edgar Morin, André Burguière, Jean Duvignaud et d’autres encore dont il deviendra l’ami intime). Sans pour autant déprécier ces petits plaisirs de la vie que sont les belles carrosseries, la bonne chair et les parties de tennis avec son fils, qui lui offre, dans ce roman, le plus beau des tombeaux : « Mon père si dur. Mon père si doux. Mon père, ce héros si dur au regard si doux. » Totalement dénué de préjugés « sociaux », Jean Cérésa ne dédaignait aucun de ces sports réservés à une classe autrement privilégiée que la sienne comme le ski, les courses automobiles. Il avait même été champion d’aviron ! Ce qui ne l’empêchait pas d’aimer autant le camping que les palaces…

Au moral, un homme d’une rectitude absolue, bon vivant, jovial, affable et doté d’une grande force de caractère.

Autant de qualités dont François a naturellement hérité, lui que son père appelait dans sa petite enfance « la Globule », avant d’opter pour « mon Grand », et auquel il ne témoignera d’abord qu’une sorte de feinte indifférence. Ce qui n’empêchera pas ce bourru au grand cœur de lui inculquer de solides valeurs comme la probité, l’exigence envers soi-même, la valeur du travail et le respect de ses semblables, de quelque horizon qu’ils proviennent.

« Aristocrate et prolo », athée et mystique, Papa Poupe laisse à François le souvenir impérissable du parfum citronné « Moustache » de Rochas. Son fils, pour prolonger ses éclats de rire comme ses coups de sang porte maintenant, dans un rituel teinté d’humour et de tendresse, ses chemises et ses bottes, et continue sporadiquement à l’appeler sur son portable, refusant de couper le contact. Car à sa mort, un monde s’écroule, disparait : « Qui se souviendra de lui sinon moi. Il est entré à l’hôpital debout, il en est sorti les pieds devant. Je le croyais invincible. Et puis voilà. Il n’est plus. »

Avec des mots serrés comme une gorge nouée, ce texte du souvenir mêle grande histoire et petites histoires intimes. Cérésa s’adresse à tous. En dédiant à son père cet hymne atypique, il ne manquera pas de vous toucher.

Flamboyant et trouble à la fois, sur le fil du rasoir de l’indiscrétion parfois, Poupe est chargé de l’affectueuse ironie et du désespoir impuissant de son fils orphelin.

Poupe, de son nuage, peut être fier de son fils. Le roman lu d’une traite, on pense aux mots d’Henri Calet : « Ne me secouez pas, je suis plein de larmes. »

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Francois Cérésa

Avec Poupe, François Cérésa nous fait aimer son père. Mais plus encore, il nous touche profondément en tant que fils, celui que tout père rêverait d’avoir sans doute…

 

Avec Poupe, Cérésa s’adresse à tous. Il nous touche. Poupe, de son nuage, peut être fier de son fils. Le roman lu d’une traite, on pense aux mots d’Henri Calet : « Ne me secouez pas, je suis plein de larmes. »

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Christine Larrouy

Christine Larrouy 

Directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.