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« République sans curseur » de Pierre Larrouy, chez Uppr éditions

« République sans curseur » de Pierre Larrouy, chez Uppr éditions

Le mot curseur interpelle. Notre société semble quotidiennement nous confronter à cette impression de suppression de plan moyens, de choix réduit à des extrêmes.

Chaque période est confrontée aux mutations provoquées par le progrès technique ou les avancées sociétales. Chaque période est aussi marquée par un socle guerrier qui peut prendre diverses formes ou nominations, religions, matières premières, conquêtes territoriales. La société contemporaine n’échappe pas à la règle. Elle est l’enjeu d’une mutation sociétale violente, en particulier avec le déploiement du numérique.

Mais République sans curseur… De quoi Pierre Larrouy nous parle-t-il ?

Du manque de symbolique de la société numérique, voire de la société tout court. De cette société habitée de valeurs-slogans devenues impuissantes, parce qu’elles veulent assumer une contradiction insoluble : des libertés tous azimuts et un besoin viscéral de collectif, de repères – ou, lâchons le mot, d’autorité.

Dans ce contexte, le curseur est précisément ce qui fait défaut aujourd’hui. Le curseur, Pierre Larrouy le définit comme « quelque chose qui permet de moduler, de s’ébrouer sans prendre le risque d’une rupture des relations collectives ou d’un égarement individuel, et qui voit la limite comme un champ des possibles et non comme un catalogue d’interdits, à l’opposé, donc, de la norme ».

Seul ce curseur, sans doute, est capable de donner le sens de la limite et de ce que peut être la liberté exercée au sein de cette limite ; et cela, sans tomber dans le piège autoritaire de la normalisation et de l’interdit. En lui, la confusion et l’extrémisme actuels trouvent leur résolution symbolique, à partir de laquelle la société peut actualiser une véritable cohésion.

Ce qu’implicitement République sans curseur pose comme question donc, c’est celle de l’écriture d’un système imaginaire de limites sur lequel se promène le curseur de cette relativité.

Les profondes mutations, engendrées par les technologies nouvelles de communication et d’information, avivent les tensions inhérentes à l’intégration. Elles fragilisent simultanément le socle sur lequel, en l’affrontant, se construisaient de nouvelles identités acceptées.

Un pays virtuel s’est construit, envahissant l’espace, imposant une singulière horloge normative, et indiquant, pour tous et partout, l’unique référence de l’instantanéité.

Un urbanisme nouveau s’accompagne d’une déréalisation de la perspective. La ‘horde’ mondiale de migrants vient interpeller, de bien curieuse manière, les déclarés « généreux citoyens du monde » des générations précédentes. En effet, que proposer à ces émigrés, lorsque l’on est soi-même, à la fois, extérieur à son espace de vie, tout en étant son occupant attitré ?

Sommes-nous tous, dans ce nouvel environnement, devenus des immigrés ?

« Il faut, dans mon esprit, entendre le mot curseur comme un espace de liberté individuelle et de participation à un collectif cohésif. Je cherche ainsi à nommer ce qui fait défaut pour permettre des réglages autour d’un ciment commun dont les difficultés de tout discours politique à se faire entendre, comme les signes patents de douleurs contemporaines inédites, montrent la nécessité ».

227 - aUn livre de Pierre Larrouy

Docteur en sciences économiques et diplômé de l’Institut d’Etudes et de Développement, Pierre Larrouy a été chef de cabinet du Ministre de l’Education nationale Alain Savary, conseiller du Ministre… En savoir plus sur Pierre Larrouy >

 

Un pays virtuel s’est construit, envahissant l’espace, imposant une singulière horloge normative, et indiquant, pour tous et partout, l’unique référence de l’instantanéité.

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La rédaction la-redaction
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