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« La tentation d’être heureux » de Lorenzo Marone, aux Editions du Cerf

« La tentation d’être heureux » de Lorenzo Marone, aux Editions du Cerf

©photomelia.com

« Un roman réjouissant sur l’âge mûr ». Laurence Houot, Culturebox.

Cesare Annunziata est un septuagénaire napolitain aigri, vaguement misogyne, limite misanthrope au langage plutôt fleuri. Jugez-en plutôt par vous-même : « … on peut dire ce qu’on veut, la colère est une sorte d’excrément pour l’organisme : un déchet inutile qu’il faut expulser. Et moi je suis un excellent laxatif pour ma fille. »

Il a l’impression d’avoir raté sa vie : il n’a pas réussi à aimer sa femme, et les relations avec sa fille Sveva et son fils Dante sont compliquées et, il faut bien le reconnaitre, il ne fait pas grand-chose pour les améliorer. Et son naturel plutôt grincheux n’arrange rien … Il a le sentiment d’avoir raté sa vie. Il rêvait d’être libraire, et il a fait toute sa carrière dans la comptabilité. Sa fille, avocate, ne le supporte tout simplement pas. Et son fils, galeriste, n’ose lui avouer son homosexualité, au grand dam de Cesare, étant donné que tout le monde est au courant. Au soir de sa vie, le bilan est plutôt triste !

Mais il ne se laisse pas totalement aller à son aigreur : il est devenu le « régulier » d’une prostituée, Rossana, avec qui, semble-t-il, la quasi amitié qu’ils se témoignent réciproquement outrepasse quelque peu leur relation tarifiée.

Jusqu’au jour où, enfin, un évènement dont il est le témoin involontaire lui envoie une véritable bouffée d’oxygène : sa jeune voisine, Emma, subit les violences de son mari et a besoin de son aide.
Petit à petit, une tendre et solide complicité se tisse entre lui et la jeune femme.

La vie du vieux ronchon prend alors un sens tout autre. Il se sent brusquement pousser des ailes, et veut chevaleresquement se porter à son secours. Et pour cela il va se faire aider par Marino, son ami de toujours qui habite l’appartement en dessous et ne sort plus de chez lui, et par une autre voisine, Eleonora, la femme aux chats, qui eux ont colonisé l’immeuble, marquant le territoire qu’ils se sont approprié de leur puanteur pestilentielle…

La détresse de la jeune Emma va raviver chez Cesare les regrets et les souvenirs du passé et l’obliger à sortir de cette carapace de personnage grincheux derrière laquelle il s’était retranché jusqu’à présent pour aller vers les autres qui au fond, n’attendaient que cela.

Car qui dit vieillesse, dit solitude et regrets. C’est que dans sa détresse, sa défunte femme lui manque. Lui qui ne ressentait pas particulièrement de l’amour pour elle, l’évoque désormais avec tendresse et émotion : « Elle ne pleurait pas à cause de moi, mais de son corps malade. Pourtant, même à l’époque, je n’avais pas réussi à intervenir autrement que sous forme de gestes affectés, inutiles. Parfois, la nuit, je me réveille en sursaut et j’ai l’impression qu’elle est encore à côté de moi ; je murmure alors au mur froid ce que j’aurais dû lui dire à elle : Tu n’es pas seule, je suis là ».
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Mais saura-t-il enfin prononcer les mots d’amour que tous attendent de lui ?

Lorenzo Marone, né en 1974 à Naples, est un écrivain italien.

Il a tout d’abord exercé la profession d’avocat à Naples avant de se tourner, par passion, vers la littérature.

Un évènement dont il est le témoin involontaire lui envoie une véritable bouffée d’oxygène…

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Christine Larrouy

Christine Larrouy 

Directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.