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« Yokainoshima : célébration d’un bestiaire nippon », par le photographe Charles Fréger

« Yokainoshima : célébration d’un bestiaire nippon », par le photographe Charles Fréger

« Yokainoshima : célébration d’un bestiaire nippon », par le photographe Charles Fréger, chez Actes Sud

Avec Yokainoshima, c’est au Japon que Charles Fréger, photographe de réputation internationale, poursuit son fascinant inventaire des communautés humaines. Une fois encore, son travail combine l’acuité du regard documentaire avec l’art de la mise en scène selon un style parfaitement neuf et singulier. Ordonnées au fil des saisons, ses photographies évoquent, à travers l’extraordinaire variété des masques, costumes ou figures et les commentaires d’anthropologues et spécialistes de la culture traditionnelle japonaise, tout l’arrière-plan de fêtes locales, de chorégraphies et de rites, qui culmine dans ces costumes étonnamment éclectiques et que magnifie l’objectif du photographe. Cette remarquable suite de portraits passionnera les amateurs de mode et de traditions populaires, mais aussi les adeptes de l’imaginaire des mangas.

Yokainoshima, c’est tout un bestiaire composant les tableaux vivants qui célèbrent les rites saisonniers de fertilité et d’abondance, lesquels perdurent étonnamment dans une société de moins en moins rurale.

Dans les campagnes paysannes et les villages de pêcheurs de tout l’archipel, on endosse des tenues extrêmement sophistiquées, élaborées, à l’aide de tissus, de branchages, de paille tressée et autres éléments naturels, pour mettre en scène gestes rituels ou danses peuplées de monstres. Et c’est dans leur cadre naturel (forêt profonde, plage, champ labouré…) que chaque déguisement rivalise d’originalité, avec ses motifs chamarrés, arborant objets du quotidien rural, masques divers, attributs animaliers, humains, floraux ou fantastiques.

Yokainoshima

Les photographies sont accompagnées d’une légende précisant le lieu de la prise de vue. Rien d’anecdotique dans cette indication. Chaque Yokaï correspondant à une localité ou à une saison précise. Il en existe donc de nombreux, manifestant ainsi la richesse des rites et des fêtes qui rythment le cycle de la vie rurale japonaise.

 

Charles Fréger s’intéresse depuis plusieurs années à l’uniforme et au costume. Il propose une œuvre singulière constituée de séries photographiques de portraits pris de plein pied. Ces travaux ont porté sur les légionnaires, les coiffes bretonnes ou encore le vêtement sportif.

Ses précédents travaux se penchent plus précisément sur les costumes des rites européens tirés des contes populaires (Wilder mann ou la figure du Sauvage).

N’hésitez pas, embarquez pour Yokainoshima (littéralement L’île aux Monstres), vous allez faire connaissance avec les Namahage, Toshidon, Amamehagi et autres Mizukaburi, autant de Yokaï, êtres surnaturels espiègles, malveillants, lubriques ou propices hantant les moindres lieux de la campagne japonaise ! Charles Fréger les mets en scène dans cette île fictive, usant de son dispositif frontal habituel et offrant un bestiaire foisonnant et détonant.

Yokainoshima

Outre la beauté des clichés, l’ouvrage propose des contributions de spécialistes japonais qui décrivent l’ensemble des Yokaï exposés, les rites ruraux auxquels ils renvoient, leur pérennité dans l’art japonais contemporain, offrant ainsi un éclairage ethnologique précieux sur l’imaginaire japonais.

Yokainoshima

Yokainoshima « Au cœur de l’esprit du Japon et de ses fêtes se jouent des gestes régénérateurs – Leçon qui n’est pas sans rejoindre ce qui demeure un des projets de l’art photographique : d’un pur déclic, saisir l’éternité. » (Toshiharu Ito)

Chaque Yokaï correspondant à une localité ou à une saison précise. Il en existe donc de nombreux, manifestant ainsi la richesse des rites et des fêtes qui rythme le cycle de la vie rurale japonaise.

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Christine Larrouy

Christine Larrouy 

Directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.