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« Zéro K » de Don Delillo chez Actes Sud

« Zéro K » de Don Delillo chez Actes Sud

Zéro K désigne le degré zéro sur l’échelle de Kelvin. Le froid absolu selon les physiciens…

Choisir de mourir pour prendre la mort de vitesse, décider de se transformer en créature-éprouvette dans l’attente de jours meilleurs afin de revenir au monde en être humain augmenté et radicalement inédit, telle est l’offre de « Zéro K », un centre de recherches secret.

Cette mystérieuse base « scientifique » (avec ou sans guillemets ? J’hésite…) est perdue dans l’immensité des plaines du Kazakhstan. Eh oui, c’est pourquoi le monde qui est le nôtre n’en fait pas la publicité. C’est sans doute que le secret est bien gardé, allez savoir !

Son principal actionnaire, le richissime Ross Lockhart, décide de faire appel à ses services pour son épouse, atteinte d’une maladie incurable, pour une cryogénisation. Il convoque son fils unique pour assister à la fin programmée de la jeune femme consentante.

La cryogénisation, késako ? La cryonie ou cryogénisation (souvent confondue à tort avec la cryogénie), est un procédé de cryoconservation (conservation à très basse température, −196 °C) de tout ou parties d’êtres vivants, dans l’espoir de pouvoir les ressusciter ultérieurement nous dit Wikipédia. Pur acte de foi technologique (on parle de faith-based technology) ou voie encore inexplorée vers l’immortalité ? En tout cas, la science est à l’heure actuelle incapable d’assurer qu’elle ressuscitera les corps le moment venu de les décongeler !

Un roman d’une puissance et d’une portée rares, tant sur le plan littéraire que philosophique.

Parfaitement inscrit dans la lignée de ses précédents opus (comme « Outremonde », « Point Omega » entre autres), Don DeLillo va cette fois plus loin dans son exploration ésotérique, nébuleuse, qui ne peut que désorienter son lectorat en même temps qu’elle le fascine. En tout cas, chez Booquin on en redemande !

361 u3Et, petit bonus en fin du booquin : l’évocation du fameux Manhattan henge (l’événement qui se produit deux fois par an (trois jours en hiver, trois jours en été) : quand le soleil couchant s’aligne parfaitement avec les rues de orientées Est-Ouest, à l’instar du site préhistorique Stonehenge.

Donald Richard DeLillo est né dans le Bronx en 1936 de parents émigrés italiens originaires de Molise.

361 aÉtudiant à l’université jésuite Fordham, il n’y apprend « pas grand-chose » et se spécialise en « arts de la communication ». Il prend ensuite un travail dans la publicité, faute d’avoir trouvé quelque chose dans l’édition. Il publie parallèlement quelques nouvelles dans lesquelles l’influence du cinéma européen, et en particulier celle de Jean-Luc Godard, est très sensible. Il quitte son poste en 1964. Il ne cherchait pas, dit-il, à se consacrer à l’écriture, mais simplement à ne plus travailler.

En 1971 paraît son premier roman, Americana. DeLillo s’y réfère à son expérience personnelle, bien davantage qu’il ne le fera dans ses romans ultérieurs. Cependant, certains thèmes repris au cours de ceux-ci sont déjà abordés – ainsi l’idée d’une quête existentielle, notamment dans End Zone (1972) et Great Jones Street (1973), ses deux romans suivants. (portrait © Renaud MONFOURNY)

 

Un roman d’une puissance et d’une portée rares, tant sur le plan littéraire que philosophique.

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Christine Larrouy

Christine Larrouy 

Directrice de projets éditoriaux dans le monde de l’art, de la culture et de l’économie, sculptrice.